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Une descendance déterminée à garder l’agriculture vivante

BARRAUTE — Au sommet d’une bute de la route 397, en Abitibi, trône la descendance de la première famille agricole du village de Barraute, tout récemment centenaire. À la Ferme Plamondon et Fils, on élève des veaux et on brasse des idées pour le futur d’une agriculture vivante dans la région.

Comme toutes les fermes de l’Abitibi, celle de Louis Plamondon a été bâtie à la dure. « Ça, c’est le lot paternel, désigne-t-il d’un geste de la main. Mon grand-père a défriché la terre avec son père quand il est arrivé à Barraute en 1914. Il avait 14 ans », raconte l’éleveur de veaux.

Sa conjointe Carole Desaulniers se souvient que le père de Louis chérissait lui aussi sa terre. « Il aurait voulu vivre de l’agriculture, mais il a toujours fallu qu’il travaille à l’extérieur pour subvenir à ses besoins », mentionne-t-elle.

« Quand on a lancé l’entreprise, on s’est dit qu’on se donnait cinq ans pour qu’il puisse arrêter de travailler à l’extérieur. Après ce délai, il était bien heureux. On a réussi. Il a été capable de quitter son emploi au Canadien National », raconte l’agricultrice.

En 1980, lorsque Louis Plamondon et Carole Desaulniers se sont mariés, leur troupeau comptait 35 vaches. La production laitière avait déjà laissé place à celle de bovins. Cette année, 157 bêtes ont vêlé, dont 40 % grâce à l’insémination artificielle.

Félix Desaulniers investit beaucoup de temps afin de préserver l’agriculture en Abitibi-Témiscamingue.

Inquiet de l’exode des jeunes agriculteurs

Il y a quelques années, le plus jeune des trois fils du couple, Félix, est devenu un partenaire d’affaires. L’agriculteur de 29 ans a de grandes ambitions, tant pour l’avenir de la ferme avec l’intention de développer le troupeau, que pour l’ensemble de la production bovine de l’Abitibi-Témiscamingue.

Celui qui s’implique activement auprès du syndicat des producteurs de bovins de sa région s’inquiète de l’exode des jeunes producteurs vers les secteurs miniers et forestiers ainsi que de l’exploitation des terres locales par des entreprises de l’extérieur. « On le vit dans notre village. Tout est à l’abandon. Ça tombe en ruine et ça n’amène rien à l’économie du village », déplore-t-il. Cet enjeu l’a d’ailleurs emmené à créer, avec son syndicat, le Programme d’aide à la relève en production bovine qui permet à un agriculteur ou une agricultrice d’acheter son premier troupeau au rabais.

Fils spirituel d’Hauris Lalancette?

Avec sa verve et ses propos, on pourrait croire que Félix Desaulniers incarne le fils spirituel du colon Hauris Lalancette, grand défenseur de l’agriculture régionale et de l’occupation du territoire décédé un peu plus tôt cette année. Habitant à quelques kilomètres de distance, il a d’ailleurs eu la chance de refaire le monde à quelques reprises avec lui autour d’une table. Le militantisme de Félix Desaulniers lui a également été inspiré par son père qui a investi beaucoup d’énergie pour la sauvegarde de services agricoles en Abitibi-Témiscamingue.

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