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La famille Marquis, avec au premier plan, Carl Marquis et son petit-fils Léo Daigle ainsi que Lorraine Lemay et sa petite-fille Emma Daigle. Derrière, Justine Marquis, Jacob Daigle, Alexandre Daigle et Catherine Marquis. Photos : Gracieuseté de la Ferme Lorka

La famille Marquis, avec au premier plan, Carl Marquis et son petit-fils Léo Daigle ainsi que Lorraine Lemay et sa petite-fille Emma Daigle. Derrière, Justine Marquis, Jacob Daigle, Alexandre Daigle et Catherine Marquis. Photos : Gracieuseté de la Ferme Lorka

Une « vraie » entreprise familiale

SAINTE-CROIX-DE-LOTBINIÈRE — Carl Marquis a toujours su qu’il deviendrait producteur laitier; sa fille Catherine aussi. « Elle ne s’est jamais posé de questions. Dès la fin de ses études à l’Institut de technologie agroalimentaire [ITA], elle a manifesté son désir d’acquérir une partie de l’entreprise familiale », raconte ce fils de boucher qui, à l’âge tendre de 19 ans, a racheté une ferme en piteux état avec sa conjointe Lorraine Lemay. C’était en 1983. « L’étable était en désuétude, le troupeau, famélique. J’ai bûché fort pour faire de la Ferme Lorka ce qu’elle est », souligne-t-il.

C’est ainsi que Carl Marquis a fait de sa passion pour la production laitière un gagne-pain. Et il partage désormais ce feu sacré avec ses deux filles et son gendre, la deuxième génération de propriétaires de la Ferme Lorka.

Fusion en cours

Aujourd’hui, Catherine Marquis, 30 ans et mère de trois enfants, possède environ le quart des parts de la ferme. Son mari, Alexandre Daigle, copropriétaire de la Ferme des Aigles à Saint-Édouard-de-Lotbinière, a récemment rejoint le cercle des propriétaires de la Ferme Lorka à la faveur du rachat d’une exploitation voisine. Certaines opérations communes sont en cours de fusion depuis l’année dernière. Une demande pour une relocalisation d’un quota laitier a notamment été déposée auprès de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.

« Alexandre et Catherine travaillent désormais ensemble au quotidien. Ils s’occupent entre autres de l’alimentation et des traitements de notre troupeau de 350 têtes, dont 165 en lactation », explique Carl Marquis. Pour sa part, l’homme de 57 ans est responsable de l’entretien, des champs, de la mécanique et de la machinerie. Pendant la période des sucres, on le retrouve dans l’érablière familiale de 4 000 entailles, où la récolte de l’eau d’érable se fait par un système de tubulures depuis trois ans. Lorraine, 57 ans, s’occupe quant à elle de la comptabilité de l’entreprise.

En 2017, à la remise des prix de l’Ordre national du mérite agricole, la Ferme Lorka s’est classée au deuxième rang dans la catégorie Or, tant au niveau national que régional.

En 2017, à la remise des prix de l’Ordre national du mérite agricole, la Ferme Lorka s’est classée au deuxième rang dans la catégorie Or, tant au niveau national que régional.

Pas de chicane

La cadette, Justine Marquis, 21 ans, est en cours d’intégration dans l’actionnariat de la ferme familiale. Celle-ci vient de compléter un diplôme en gestion et technologies d’entreprises agricoles, à l’ITA de La Pocatière. Elle est responsable des veaux, malgré que son rôle soit encore à définir. « Justine doit prendre sa place dans l’entreprise. Sa sœur Catherine brasse beaucoup d’air; c’est une fonceuse pour qui la production laitière est un mode de vie, une passion », affirme Carl Marquis.

Les autres membres de la famille Lemay-Marquis œuvrent également dans le secteur agricole. Éliane est vétérinaire et Guillaume est opérateur de machinerie forestière et propriétaire d’une érablière. Tous les dimanches, tout ce beau monde se retrouve pour partager un repas. Pas question toutefois que les questions relatives à la ferme se frayent un chemin jusqu’à la table à manger familiale. « Notre truc est de ne rien laisser s’envenimer. La bonne communication est à la base de notre succès », révèle-t-il.

Il faut croire que ça fonctionne. En 2017, la Ferme Lorka s’est distinguée à l’occasion de la cérémonie de remise des prix de l’Ordre national du mérite agricole, où elle a obtenu le deuxième rang dans la catégorie Or, autant au niveau régional qu’au niveau national. 

La COVID-19, un révélateur

À quelque chose malheur est bon. La crise sanitaire de la COVID-19 aura permis à Carl Marquis de contempler son métier sous un jour nouveau et de renouer avec le plaisir de se rendre à l’étable tous les matins aux aurores. « Les Québécois ont réalisé l’importance de l’agriculture pour remplir les tablettes de l’épicerie du coin. Auparavant, on nous taxait de tous les maux; je pense que ce sera différent désormais », espère-t-il. Il faut dire que la famille de producteurs laitiers travaillait déjà à bâtir des ponts avec la communauté. En 2018, elle a par exemple eu le privilège d’inaugurer la 3e saison de l’émission Arrive en campagne, au réseau TVA.

Maxime Bilodeau, collaboration spéciale

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