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Un projet de retraite qui a pris de l’ampleur

POINTE-AUX-OUTARDES — Originaires du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Daniel Harvey et Sylvie Martel ont quitté leur région natale pour le travail dans les années 1980. Ils se sont installés sur la Côte-Nord où, peu à peu, une bleuetière est née.

« Au début, nous sommes un peu passés pour des hurluberlus avec notre projet de démarrer une bleuetière dans le Manicouagan », lance d’entrée de jeu Daniel Harvey. Aujourd’hui, il peut se vanter d’avoir permis à sa production d’atteindre sa vingtième année. Au départ, il s’agissait en fait d’un projet de retraite pour celui qui travaillait autrefois dans un bureau régional du ministère de l’Agriculture. Sylvie Martel, sa conjointe, continue d’œuvrer dans le domaine de la comptabilité.

La très grande majorité du travail est réalisée par le couple. « Parfois, on a un coup de main de membres de la famille, mais ils ont leur vie et il y a trop d’incertitude dans l’industrie pour avoir des employés permanents », confie M. Harvey.

Mme Martel affirme qu’il y aurait probablement de la relève pour l’entreprise familiale. L’idéal serait que l’une des trois filles du couple veuille reprendre le flambeau, mais le marché demeure trop hésitant pour envisager sérieusement de céder les terres à leurs enfants et tout ce qui vient avec.

Sylvie Martel et Daniel Harvey œuvrent dans le domaine des bleuets depuis près de 20 ans.

Sylvie Martel et Daniel Harvey œuvrent dans le domaine des bleuets depuis près de 20 ans.

Un projet de deux décennies

L’aventure a commencé en 2000 avec un associé qui a quitté le projet en 2006. De son côté, Mme Martel a démarré son propre projet de bleuetière en 2004. « On a eu la chance de se procurer une terre pas loin d’ici, raconte-t-elle. Pour ne pas laisser passer cette chance, j’ai lancé ma propre bleuetière à ce moment-là. »

Les deux bleuetières ont été fusionnées en une seule entité en janvier 2019.

La capacité de production maximum est de 200 000 livres, mais cet objectif n’a pas été atteint en 2019. Le gel précoce, la pollinisation tardive et le manque de caisses de récolte envoyées par les grandes surfaces n’ont pas aidé.

L’objectif est maintenant de consolider les acquis. La bleuetière a été classée en 2019 au deuxième rang régional dans la catégorie Argent de l’Ordre national du mérite agricole. M. Harvey vise désormais la première place et sait ce qu’il doit faire pour l’atteindre, conclut-il à la blague.

Du travail intensif

Étant seul à faire le travail dans les champs la majorité de l’année, le couple doit réaliser lui-même tous les travaux d’entretien et de préparation en vue de la saison. Lorsque vient le printemps, il s’adonne au fauchage et à la préparation du sol. Vient ensuite l’entretien de l’équipement, la pollinisation, la surveillance des espèces nuisibles et cela se termine avec la récolte au mois d’août, pendant laquelle M. Harvey avoue commencer tôt le matin et finir tard le soir, soit de 6 h à 22 h pendant près d’un mois. C’est beaucoup de travail pour deux personnes, mais le couple s’en sort tout de même bien.

Charles-Olivier Caron, collaboration spéciale

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