fbpx
Marco, Mario, Solange (Boulet), Normand, Yan et Alex Berthiaume font partie d’un clan familial qui compte aujourd’hui six enfants, 20 petits-enfants et 26 arrière-petits-enfants. Photo : David Desmarais

Marco, Mario, Solange (Boulet), Normand, Yan et Alex Berthiaume font partie d’un clan familial qui compte aujourd’hui six enfants, 20 petits-enfants et 26 arrière-petits-enfants. Photo : David Desmarais

Un empire agricole qui témoigne de l’amour du métier

SAINT-ELZÉAR – À l’origine d’un véritable empire agricole, Normand Berthiaume est pourtant parti de rien. Aujourd’hui, le patriarche voit une troisième génération prendre le relais. Pour sa descendance, la ferme demeure le « point central », le lieu de rassemblement où s’exercent l’esprit entrepreneurial et le goût des défis.

Productions porcine, laitière, avicole et acéricole ainsi qu’encan de bétail et meunerie composent l’étendue des activités du clan Berthiaume, récompensé par le titre de Famille agricole de l’année en 2017. À l’époque, le fondateur, Normand Berthiaume, avait déclaré : « J’ai toujours aimé l’agriculture, le plus beau métier du monde! » Il fallait qu’il y croie, lui qui, en 1955, a choisi de se ­lancer grâce à ses économies et à un prêt de 3 000 $.

À ses débuts, le jeune homme achète une terre avec des « bâtiments secs », sans animaux. L’année qui suit cette acquisition, il épouse Thérèse Turmel. Ensemble, ils commencent leur élevage avec cinq vaches à cornes, quelques cochons, des poules et un cheval. La « ferme à Normand Berthiaume » s’incorporera en 1978, quand les deux premiers des six enfants du couple, Cécilien et Mario, le rejoignent.

Le début du processus de relève

« Je venais de finir mes études à l’ITA de La Pocatière, relate Mario. Mon frère et moi nous sommes associés à notre père avec 20 % des parts chacun et lui a gardé 60 % de l’entreprise. C’est ce qui a marqué le point de départ officiel de la relève. Carmen et Marco sont arrivés un peu plus tard en agriculture. La descendance de mes parents compte quatre des six membres qui ont décidé de vivre de la terre. »

Forte de cet intérêt manifesté par la nouvelle génération, en 1990, la ferme prend de l’expansion. Les Berthiaume investissent massivement dans le porc. Une toute première maternité abritant 250 truies voit alors le jour. L’exploitation dénombre aussi une soixantaine de vaches et comprend une érablière de 1 000 entailles. À ce moment, Normand passe complètement le flambeau à Cécilien, Mario et Marco.

Une troisième génération

« Au milieu des années 1990, nous avons ajouté une autre corde à notre arc, celle de l’engraissement du porc, reprend Mario. Deux ou trois ans s’écoulent et comme il y avait beaucoup de relève, la ferme s’est divisée. J’ai conservé le bien paternel avec mon épouse Solange et Marco. Cécilien, de son côté, a repris le volet porcin. On devait créer de la place, notamment pour Yan, Lori-Anne et Alex, nos enfants. »

La détermination caractérise depuis toujours la famille Berthiaume. Âgé de 87 ans, Normand a déjà mentionné qu’il chantait à longueur de journée et que lorsque les choses allaient mal, il haussait la note. Il a d’ailleurs connu des heures très difficiles lors de l’augmentation des taux d’intérêt il y a quatre décennies. En 2004, le décès de Thérèse frappe durement le clan, qui se serre les coudes et redouble d’efforts.

La détermination caractérise depuis toujours la famille Berthiaume. Photo : Gracieuseté de la famille Berthiaume

La détermination caractérise depuis toujours la famille Berthiaume. Photo : Gracieuseté de la famille Berthiaume

Un trait d’union

« Durant cette période, une nouvelle branche à nos activités agricoles, les Encans Sélect Gène, est mise sur pied, souligne Mario. Tous les mois depuis 2007, nous organisons un encan de vaches laitières. L’idée, c’est d’agir comme trait d’union entre ceux qui produisent trop de lait, les vendeurs, et ceux qui en manquent, les acheteurs. C’est un service utile. »

En 2017, Porcs M.B. est transféré aux deux fils de Mario et Solange, Yan et Alex. Le premier est aussi devenu actionnaire majoritaire des Élevages M.M.S. pour le poulet. « En dehors de l’entreprise, j’ai fondé la CUMA (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) de Saint-Elzéar en 1998 et occupé la présidence pendant dix ans. Yan y est maintenant et j’en suis très fier. Quant à Alex, il siège comme relève chez Agropur depuis deux ans », note le père de famille. 

La Meunerie Berthiaume est passée d’une capacité de production de 20 à 450 tonnes par semaine. Photo : Gracieuseté de la famille Berthiaume

La Meunerie Berthiaume est passée d’une capacité de production de 20 à 450 tonnes par semaine. Photo : Gracieuseté de la famille Berthiaume

Le bon coup de l’entreprise

« La Meunerie Berthiaume, c’est notre coup d’éclat! C’est véritablement ce qui a fait en sorte que l’entreprise a pu progresser au fil du temps, laisse entendre Mario Berthiaume. Comme il faut acheter les grains pour nourrir les porcs, les vaches et les poulets parce qu’on n’a pas les terres pour les cultiver, on connaît à l’avance notre coût de production et ça prévient les hausses de prix importantes qui peuvent survenir dans le marché. » Informatisée au milieu des années 1990, la meunerie a acquis dernièrement plus de capacité de silo, s’est enrichie d’une pesée et son automatisation a été optimisée. Transférées l’an dernier à Lori-Anne, Yan et Alex, la relève de Cécilien et de Mario, les installations sont passées de 20 tonnes à ses débuts pour atteindre un rendement totalisant 400, même 450 tonnes par semaine. 

Équipement techno

Marco et Alex Berthiaume

Marco et Alex Berthiaume

En 1994, les Berthiaume ont entrepris un virage, celui d’automatiser l’alimentation des vaches. Il y a quelques années, une importante mise à jour est venue rendre le système encore plus performant. « La ration totale mélangée (RTM) permet de mieux soigner les vaches, qui sont divisées en trois groupes. L’alimentation est beaucoup plus uniforme, car le grain est bien mélangé avec le foin, le maïs et les minéraux. Ça a été un plus pour le temps de travail; la RTM contribue à diminuer les coûts de production. D’autres projets, comme la construction d’une étable pour les vaches taries, amélioreront le bien-être animal », tient à signaler Solange Boulet.