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Valérie Beaulieu entourée de son oncle François et de son conjoint Stéphane ainsi que des jumelles Daphnée et Danahée. Photos : Gracieuseté de Valérie Beaulieu

Valérie Beaulieu entourée de son oncle François et de son conjoint Stéphane ainsi que des jumelles Daphnée et Danahée. Photos : Gracieuseté de Valérie Beaulieu

Tombée dans la potion magique

SAINT-URBAIN-PREMIER – Le père de Valérie Beaulieu est devenu copropriétaire de l’érablière familiale en 1982, l’année de la naissance de sa fille. L’acéricultrice affirme être dès lors tombée dans le sirop ambré comme le célèbre Obélix dans la potion magique. Elle n’a jamais manqué une saison des sucres depuis ce jour. Cette passion, Valérie aimerait bien la transmettre à ses jumelles nées, ça ne s’invente pas, la même année où elle-même est devenue copropriétaire de l’érablière Beaulieu et Filles.

Dans les sections moins boisées, une trentaine d’érables sont plantés chaque année.

Dans les sections moins boisées, une trentaine d’érables sont plantés chaque année.

Au départ, c’est le grand-père de Valérie Beaulieu qui a commencé à entailler quelque 200 érables à la chaudière pour les besoins de sa famille. En 1982, ses fils, Pierre et Yves, ont pris les commandes de la sucrerie. Lorsque Yves est décédé en 1987, c’est son frère François qui l’a remplacé dans l’entreprise.

Valérie a devancé ses projets de relève en 2015 quand son père, Pierre, a à son tour été emporté par un cancer. Elle a alors poursuivi l’aventure en compagnie de son oncle François.

« Avant cela, j’étais la 3e personne qui aidait les autres, mais là, j’ai dû prendre le rôle que mon père tenait sur le terrain », dit-elle. Son oncle, qu’elle appelle son mentor, s’occupe surtout de faire bouillir la sève à l’intérieur de la cabane pendant qu’elle vaque aux occupations extérieures.

Comme le travail de sucrier est saisonnier, Valérie occupe d’autres emplois. Formée en cuisine et en pâtisserie, elle a préparé les repas d’une garderie de
96 enfants jusqu’à ce que ce travail devienne trop exigeant pour être combiné à celui de sucrière. Aujourd’hui, elle travaille six mois à l’érablière et le reste de l’année, elle est conductrice de chariot ­élévateur pour les Fermes Michel Riendeau, de Saint-Rémi.

Pas le temps de chômer

L’amour de Valérie pour la cuisine s’exprime maintenant dans la fabrication de produits de l’érable : tire, sucre dur, cornets, etc. Un jour, quand elle aura un peu plus de temps, elle aimerait développer un service de repas à la cabane. Si son conjoint Stéphane venait à intégrer l’entreprise, elle pourrait aller de l’avant avec un tel projet.

Pour l’instant, Valérie et son oncle François sont seuls à faire fonctionner l’érablière. Cela représente une somme importante de travail. « Ce n’est jamais une corvée et je suis très reconnaissante envers ceux qui m’ont précédée », insiste toutefois la maman de Daphnée et Danahée.

« Mon père et mes oncles ont travaillé fort, dit-elle, pour mettre l’érablière comme elle est aujourd’hui. » François et Valérie entaillent aujourd’hui quelque 7 000 érables sur deux sites. En 2020, ils ont remplacé l’évaporateur au bois par un nouvel appareil chauffé à l’huile, de façon à se conformer aux normes californiennes.

Chapeau Valérie!

En 2012, au terme d’une formation en acériculture offerte par le Centre de formation professionnelle des Moissons, à Beauharnois, Valérie Beaulieu a remporté les honneurs du concours Chapeau les filles!, visant à récompenser les femmes qui étudient dans un domaine qui mène à un emploi traditionnellement occupé par des hommes. Elle a reçu une bourse de 500 $. Son diplôme d’études professionnelles lui a entre autres permis d’en apprendre davantage sur les nouvelles technologies possibles. Valérie est toujours en contact avec son professeur Sylvain Mailloux, qui ne manque pas de lui fournir quelques judicieux conseils à l’occasion.

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