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Martin et Cédrick Lemieux, Marjorie Labbé et Marika Lemieux, de la Ferme avicole M2L2, ont des projets d’expansion qui feront passer la superficie de leurs terres de 200 à 600 acres et leur nombre de poulets élevés à 625 000 par année. Photos : Jean-Marc Brais

Martin et Cédrick Lemieux, Marjorie Labbé et Marika Lemieux, de la Ferme avicole M2L2, ont des projets d’expansion qui feront passer la superficie de leurs terres de 200 à 600 acres et leur nombre de poulets élevés à 625 000 par année. Photos : Jean-Marc Brais

Sur les traces de leurs parents

COATICOOK — À la Ferme avicole M2L2, qui célèbre ses 21 années d’existence avec l’ajout d’un quatrième poulailler, les enfants de Marjorie Labbé et de Martin Lemieux envisagent de prendre la relève dans ce qui n’était, au départ, que le projet de fin d’études de leurs parents.

Martin Lemieux avait beau être un « gars de la ville », l’agriculture s’est imposée dans sa vie. « Quand j’ai vu une production avicole, j’ai tout de suite su que c’était ça que je voulais faire », raconte-t-il. Les parents de sa conjointe Marjorie Labbé, exploitants d’une ferme bovine, ont alors imposé une condition aux tourtereaux : ils allaient les aider à partir leur projet, à la condition qu’ils aillent à l’école suivre une formation en agriculture.

C’est ce qu’ils se sont empressés de faire au Centre régional d’initiatives et de formation en agriculture (CRIFA) de Coaticook. Aujourd’hui, leur fils Cédrick vient d’y entamer son parcours postsecondaire auprès des mêmes enseignants qui les avaient formés 20 ans auparavant. « Les études nous ont beaucoup servi, constate Martin. On pousse nos jeunes dans la même direction. »

Outre les bancs d’école, la transmission du savoir intergénérationnel a grandement influencé l’évolution de la Ferme avicole M2L2. Le père de Marjorie habite la maison d’à côté. « On lui a toujours demandé conseil, confie sa fille. Sans que ce soit lui qui décide, on est toujours allé le voir. »

Cédrick et Marika s’impliquent à la ferme depuis leur tout jeune âge. La technologie actuelle leur permet de contrôler aisément et à distance les conditions d’élevage à l’intérieur des poulaillers.

Cédrick et Marika s’impliquent à la ferme depuis leur tout jeune âge. La technologie actuelle leur permet de contrôler aisément et à distance les conditions d’élevage à l’intérieur des poulaillers.

La ferme de « Papi »

Après la mise en marche du quatrième poulailler prévue pour décembre, le plan de match est d’acquérir en 2020 la ferme de « Papi » Labbé, âgé de 76 ans. Après coup, les enfants Lemieux seront sur le point de terminer leurs études et de voler de leurs propres ailes. Bien qu’ils envisagent de poursuivre la production de poulets à griller entamée par leurs parents, les deux amateurs de surf sur sillage (wakesurf) aimeraient également s’adonner à un élevage de poules pondeuses annexé à une meunerie. L’idée leur est venue alors que leurs parents étaient partis en voyage de motoneige et que le duo frère-sœur en avait profité pour visiter d’autres productions.

« Même si on est ici depuis qu’on est jeunes, il nous reste pas mal de choses à apprendre », concède Marika, du haut de ses 19 ans. « J’ai hâte d’être ici puis que ce soit mes propres choses. » Son frère Cédrick s’empresse de rectifier : « Nos choses. »

Leur propre bois

Comme Martin et Marjorie ont démarré en 1998 leur projet de ferme avicole à partir de rien, ils ont eu recours aux ressources de leur terre pour minimiser les investissements initiaux. Le bois des quatre poulaillers érigés au fil des ans a entièrement été bûché par les membres de la famille à même leurs 200 acres. C’est ainsi que l’été dernier, Marika et Cédrick ont passé leurs vacances à transformer le bois coupé en planches de toutes les dimensions pour les ouvriers. Marika n’échangerait pas cette vocation contre un emploi de bureau. « Travailler dehors physiquement, faire des choses différentes tous les jours, c’est motivant. »

Jean-Marc Brais, collaboration spéciale

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