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Pierre Drolet et Henriette Ghielen sont copropriétaires de la ferme familiale avec leurs fils Pierre-Luc et Samuel. Photo : Emilie Nault-Simard

Pierre Drolet et Henriette Ghielen sont copropriétaires de la ferme familiale avec leurs fils Pierre-Luc et Samuel. Photo : Emilie Nault-Simard

Sortis grandis d’un incendie

SAINT-RAYMOND – Né des cendres de l’incendie qui a ravagé l’étable principale et causé la perte de 34 bêtes en août 2020, le nouveau complexe laitier Drolet et Fils est résolument tourné vers le futur. Ici, dans le rang Sainte-Croix, l’ancien et le nouveau s’entremêlent pour continuer d’écrire l’histoire de quatre générations d’entrepreneurs agricoles.

Fiche technique

Nom de la ferme :
Ferme Drolet et Fils

Spécialité :
production laitière

Année de fondation :
1891

Noms des propriétaires :
Pierre Drolet et Henriette Ghielen ainsi que leurs fils Samuel et Pierre-Luc Drolet

Nombre de générations :
4

Superficie en culture :
324 ha semés en foin, en soya, en maïs et en orge

Cheptel :
210 animaux dont 100 vaches en lactation produisant 132 kg de quota

« Le père de ma mère [Charles Déry], c’était un gars d’avant-garde », raconte Pierre Drolet, à propos de l’origine de la ferme. « C’est lui qui a eu la première auto dans le rang, la première batteuse, la première presse à foin du coin. »

La fascination de son petit-fils pour la génétique a toutefois changé l’histoire de la ferme. À seulement 11 ans, Pierre achète sa première vache pur sang, qui est par le fait même la première du troupeau familial. « Je me suis ramassé de l’argent petit à petit, six cents dollars, et j’ai acheté une Holstein », raconte-t-il. Son père, Valmont Drolet, et sa mère, Cécile Déry, sont alors propriétaires de la ferme depuis 1951. « Avec le lait que la vache produisait, mon père me redonnait un peu d’argent, car il voulait m’encourager. J’en ai donc racheté une autre, et on a monté le troupeau comme ça. » 

« Je n’ai jamais pensé faire autre chose! » s’exclame-t-il. « Même chose pour moi », lance presque à l’unisson son fils Samuel, trentenaire, propriétaire depuis 2017 à parts égales avec son frère et ses parents. « Je m’occupe du troupeau laitier, ma mère des petits veaux et de la comptabilité, [mon frère] Pierre-Luc de la machinerie et des cultures, et mon père chapeaute un peu tout. » Quant à leur sœur Geneviève, elle a sa propre ferme et travaille pour Holstein Québec.

Sources de fierté

Pierre Drolet reprend la ferme en 1976, avec Henriette Ghielen qui se joint à lui quelques années plus tard. Le couple continue l’amélioration de la génétique du troupeau, participant à de nombreuses expositions agricoles. Il remporte à deux reprises le titre de Maître-éleveur, en 2000 et en 2014, soit le plus haut titre d’élevage de Holstein Canada.

Le jeune Jake Drolet, fils de Pierre-Luc, prend visiblement plaisir à fréquenter la ferme. Photo : Emilie Nault-Simard

Le jeune Jake Drolet, fils de Pierre-Luc, prend visiblement plaisir à fréquenter la ferme. Photo : Emilie Nault-Simard

Une double reconnaissance dont Pierre est fier : « Quand tu commences de zéro, avec une vache, c’est certain que de recevoir ce titre, c’est parce que tu as mis de l’ouvrage ­là-dedans. » « Oui, on est fiers de notre bétail et de la génétique qu’on a montée », enchaîne sa conjointe, mais ce dont elle est le plus fière, c’est de la continuité, la relève. Elle précise que sans relève, la famille n’aurait pas rebâti lorsque le feu a ravagé ses installations en 2020.

Au lendemain de cette épreuve, en août 2020, la famille était déjà prête « à se reprendre », se souvient Pierre, et à se lancer dans un projet de reconstruction d’une étable moderne automatisée représentant un investissement de 4 M$. « Ce n’est pas un move qu’on aurait fait dans les dix, voire quinze, prochaines années, explique Samuel. On avait une belle étable rénovée et fonctionnelle. » « Ce sont les gars qui ont pris le lead de tout ça, raconte leur père. Je n’ai jamais été réticent. Je suis toujours prêt à aller de l’avant. » 

Aujourd’hui, la famille est à la tête d’une entreprise agricole à la fine pointe de la technologie, permettant de se projeter dans un avenir presque assuré. « C’est plate à dire, mais le feu, c’est un mal pour un bien, souffle Samuel, osant à peine l’affirmer. On est bâtis pour être rentables pour vingt ans. »

D’ailleurs, autour de la table, personne ne compte prendre sa retraite de sitôt.  « J’aime ça, la ferme! J’aime tous les secteurs de l’agriculture, exprime Pierre, 65 ans. Je suis encore bon pour un petit bout! » Henriette Ghielen est du même avis : « J’aime mon quotidien, travailler avec le vivant. Ça revient ­souvent, les gens disent qu’on est passionnés de notre métier, mais oui, je pense qu’il faut être ­passionné pour le faire. » 

Équipement techno

L’automatisation est omniprésente dans la nouvelle étable. Photo : Emilie Nault-Simard

L’automatisation est omniprésente dans la nouvelle étable. Photo : Emilie Nault-Simard

Dans le champ face à l’ancienne étable, une toute nouvelle bâtisse moderne a vu le jour en novembre 2021. « Tous les secteurs de l’étable sont 100 % automatisés, explique Samuel Drolet. Tout ce qui est distribution de litière, ramassage de fumier, traite, alimentation, c’est tout un robot qui le fait! » Pas même besoin de passer un coup de balai dans la nouvelle étable, qui ne requiert pas de main-d’œuvre.

L’avantage de cette « ferme du futur » pour la famille est l’amélioration de la qualité de vie. « Le travail, c’est le même nombre d’heures qu’avant, sauf que c’est moins physique et c’est plus flexible au niveau des horaires », explique Samuel, soulignant que la modernisation permet aussi d’améliorer le bien-être des animaux, entre autres grâce à trois fois plus de pieds carrés par animal qu’avant et à un système de ventilation à la fine pointe de la technologie. « Le changement d’air est de 30 secondes d’un côté à l’autre de l’étable et on n’a pas de mouches! » se réjouit Pierre, qui peine à le croire.

 

Tout comme son père avant lui, Samuel n’a jamais pensé faire autre chose de sa vie. Photo : Emilie Nault-Simard

Tout comme son père avant lui, Samuel n’a jamais pensé faire autre chose de sa vie. Photo : Emilie Nault-Simard

Le bon coup de l’entreprise

La ferme a ouvert ses portes au public le 10 septembre afin de le sensibiliser à son travail et aux conditions de vie des animaux. Photo : Gracieuseté de la Ferme Drolet et Fils

La ferme a ouvert ses portes au public le 10 septembre afin de le sensibiliser à son travail et aux conditions de vie des animaux. Photo : Gracieuseté de la Ferme Drolet et Fils

Le 10 septembre dernier, près de 2 000 personnes se sont présentées aux portes ouvertes de la ferme laitière. La famille Drolet a profité de cette occasion pour sensibiliser la population locale à son travail et ainsi montrer les conditions de vie des animaux. « On parle beaucoup du bien-être animal, souligne Pierre Drolet.

Les gens ont pu voir que la vache est complètement libre dans l’étable, libre d’aller se faire traire, d’aller se coucher. Elle est même couchée sur un matelas et elle marche sur un tapis », fait-il remarquer.

Lors de cette journée, une équipe répondait aux questions des visiteurs. « Oui, le but, c’était de montrer nos installations, mais je voulais aussi montrer c’est quoi la production laitière et son futur », mentionne Samuel, agréablement surpris de l’intérêt de la population. 

Emilie Nault-Simard, collaboration spéciale

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