fbpx
Vincent Barry est le nouveau maître du Verger Barry et prend la succession de Monique Landry et de son père Benoit qui ont exploité et développé le domaine depuis les 27 dernières années. Photos : Gracieuseté

Vincent Barry est le nouveau maître du Verger Barry et prend la succession de Monique Landry et de son père Benoit qui ont exploité et développé le domaine depuis les 27 dernières années. Photos : Gracieuseté

Quand la pomme ne tombe pas loin du pommier

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE –Une autre page s’écrit dans l’histoire des Barry et de leur exploitation tandis qu’une quatrième génération est aux commandes du verger de Sainte-Anne-de-la-Pérade, en Mauricie. Vincent Barry a pris en main la destinée du domaine familial et il a de grandes ambitions pour continuer à faire progresser son entreprise en y mettant une touche bien personnelle.

En un an, Vincent Barry et son père Benoit ont interchangé leurs rôles. Ce dernier est passé du statut de propriétaire à celui d’employé.

En un an, Vincent Barry et son père Benoit ont interchangé leurs rôles. Ce dernier est passé du statut de propriétaire à celui d’employé.

Il y a eu Olivier, René et Thérèse, Benoit et Monique et c’est maintenant Vincent qui prend les rênes du verger avec ­l’intention d’y apporter sa couleur qui s’annonce… assez vive.

« Ça reste toujours un travail d’équipe », dit-il en précisant que son père Benoit Barry ainsi que sa conjointe et partenaire Monique Landry demeurent présents pour continuer à l’épauler. « On a inversé les rôles, explique Benoit. L’an dernier, c’est Vincent qui était employé, cette année, c’est nous. » Et le père le reconnaît : il n’est pas facile de passer les cordeaux et de se retirer des opérations.

« On est habitués à être dans l’action, dit-il, surtout à cette période de l’année avec l’ouverture de l’autocueillette. En même temps, on ne peut pas être toujours en arrière de Vincent. Bien sûr, on reste toujours présents pour l’aider et pour le conseiller parce qu’il y a tellement de détails à régler. »

Vincent Barry confie vouloir réunir art, agriculture et bien-être dans son entreprise.

Vincent Barry confie vouloir réunir art, agriculture et bien-être dans son entreprise.

Les premières pommes

Les premiers pommiers ont été plantés dans la décennie 1920, par l’ancêtre Olivier, sur la terre occupée par la famille Barry depuis plusieurs siècles, un côteau offrant une vue imprenable sur les champs agricoles et le fleuve. Soixante ans plus tard, son fils René a lancé l’activité d’autocueillette qui a été bonifiée par son fils Benoit et sa compagne Monique, en même temps que ces derniers lançaient une gamme de produits transformés : jus, nombreuses variétés de gelée, vinaigre de cidre de pomme, beurre, sirop, confits…

C’est donc une entreprise bien rodée, avec une plantation de plus de 3 100 arbres – pommiers, poiriers et pruniers – qui passe aux mains de Vincent Barry. Il s’agit pour ce dernier d’un important changement de carrière puisque que depuis plusieurs années, il évoluait dans le monde du spectacle et de la production artistique.

Étrangement, il suit les mêmes traces que son père, lequel a lui aussi pris les rênes de l’entreprise familiale au début de la trentaine, après des études en musique. Comme quoi la pomme n’est pas tombée loin du pommier!

Lorsqu’il a appris que Monique et Benoit envisageaient la retraite après 27 ans aux commandes du verger, Vincent s’est lancé dans une grande réflexion, doublée d’un séjour de travail de plusieurs mois dans des entreprises agricoles de la France et de l’Espagne. À son retour, sa décision était prise. Il ne lui restait qu’à suivre une formation en production horticole tout en s’impliquant dans les opérations du verger. « La grande force de Vincent c’est qu’il se bâtit un réseau, dit Benoit. Il sait s’entourer de gens qui ont l’expertise. »

Fiche technique

Nom de la ferme
Verger Barry

Spécialité
Culture et transformation
de la pomme

Année de fondation
1920

Nom du propriétaire
Vincent Barry

Combien de générations
4

Superficie en culture
8,4 hectares 

Vincent Barry confirme ne pas avoir hésité à prendre conseils auprès de spécialistes. « J’ai eu la chance d’avoir les enseignements d’un conseiller et d’un agronome, en plus de profiter de l’expérience de ceux qui ont su ­exploiter ­l’entreprise pendant des décennies. » Si bien que le nouveau propriétaire a déjà pu mettre en œuvre quelques-uns de ses projets, notamment l’ajout de plus de 300 arbres dans une nouvelle section du verger selon le mode de permaculture, une inspiration puisée de son séjour en Europe.

Sans compter l’orientation « artistique » que Vincent veut aussi donner à son entreprise.

« Mon but est de réunir art, agriculture et bien-être, confie-t-il. On va faire en sorte d’intégrer des œuvres d’art, de faire des vernissages, de développer un volet festif autour de la culture de la pomme. »

Tous ces projets ont de quoi donner le tournis aux ex-propriétaires du domaine.

« On se demande où il va prendre le temps pour réaliser tous ces projets, raconte Benoit. Je me souviens bien que mon père était tout aussi étourdi quand je lui parlais de mes propres projets. »

Sur la terre des Barry, les générations se suivent et les aspirations demeurent en s’adaptant aux nouvelles tendances et ­réalités. 


Le bon coup de l’entreprise

Les produits d’alcool font leur entrée cette année dans la gamme des produits transformés par le Verger Barry. Maintenant que les recettes sont finalisées, un cidre et un gin apparaîtront sur les tablettes du kiosque de l’entreprise cet automne.

« C’est un projet qu’on a développé ensemble », explique Benoit.

Il s’agit d’une autre façon de transformer la ressource qui se fait de plus en plus abondante à mesure que le rendement du verger s’accroît, surtout depuis que la plantation a été agrandie de plus de deux hectares en 2014.

Pour Vincent, ces nouveaux produits cadrent parfaitement avec le développement du volet festif qu’il veut donner à son entreprise. 


5 conseils pour… une transition réussie

Faire connaître assez tôt son intention de céder l’entreprise
Il y a cinq ans que Benoit Barry et Monique Landry ont annoncé à leur sept enfants leur intention de passer les commandes de l’entreprise. Il ne faut pas s’imaginer qu’un transfert se fait rapidement. Le processus de transfert est long et complexe.

Encourager des discussions en famille sur l’avenir de l’entreprise
Un exercice qui peut être profitable pour tous les membres de la famille.

Demeurez réceptifs aux nouvelles idées de développement
Le propriétaire qui cède son entreprise doit se montrer ouvert aux changements que veulent apporter les nouveaux maîtres et peut d’une certaine façon être appelé à y participer.

Rester présent sans être… envahissant
Benoit Barry le dit lui-même : le nouveau propriétaire doit avoir les coudées franches… ce qui n’empêche pas de le faire profiter de ses avis et de ses conseils.

S’ouvrir aux conseils
Le nouveau propriétaire doit reconnaître que ses prédécesseurs possèdent une connaissance des lieux et une expertise dont il peut tirer profit.