fbpx
Vincent Noël, France Gagnon, leur fille Élia et les chiens Gadelle et Rayah devant le caveau de la ferme. Crédit photos : Johanne Lepage

Vincent Noël, France Gagnon, leur fille Élia et les chiens Gadelle et Rayah devant le caveau de la ferme. Crédit photos : Johanne Lepage

Les descendants d’un capitaine

SAINT-JEAN-DE-L’ÎLE-D’ORLÉANS – L’artisan vinaigrier Vincent Noël, sa muse et épouse France Gagnon et leur fille Élia célèbrent, à travers leur entreprise, le riche patrimoine agricole et maritime d’une famille et d’un village.   

Représentant la douzième génération à voir le jour dans la maison ancestrale de sa famille, Vincent Noël s’initie aux tâches de la ferme et à ce qu’il qualifie de « mystères de la culture » dès son plus jeune âge. En 1981, le jeune finissant en agriculture s’associe à ses parents et prend peu à peu la relève de la ferme maraîchère qui cultivait surtout des patates et des haricots à l’époque.

En 1993, la ferme prend un virage majeur. Vincent Noël délaisse la culture des haricots pour planter du cassis, « à la demande de la SAQ, dit-il, qui veut lancer une liqueur ». L’entreprise affirme avoir planté la première grande surface de cassis à l’île d’Orléans. Et, aujourd’hui, la culture certifiée biologique qui s’étend sur huit hectares serait la plus grande production de cassis bio dans l’est du Canada.

Les plants de cassis courent sur huit hectares.

Les plants de cassis courent sur huit hectares.

L’amour au rendez-vous

Un jour, une amie rend visite à Vincent Noël. C’est la naturopathe France Gagnon, qui s’emballe pour les vertus du ribes nigrum. Lorsque Vincent lui apprend qu’il s’agit en fait de cassis, cette révélation a l’effet d’une flèche de Cupidon.

En 2005, après leur mariage, France et Vincent créent la gamme de produits fins, dont un vinaigre de vin de cassis. Vincent, qui chouchoute ses plants, est aussi aux fourneaux à créer des recettes « qui exaltent les vertus du cassis à travers la puissance du fruit » aux dires de sa muse qui lui souffle des idées à l’oreille, tandis qu’elle voit au développement et au marketing.

À cette palette gourmande, s’ajoutera un éventail de créations alcoolisées au lancement de la distillerie en 2020. La jeune Élia, 12 ans, à l’aise au pays du cassis comme Alice au pays des merveilles, n’est pas à court d’idée quant aux noms à leur donner. Par exemple, « Gad-Elle », épelle-t-elle soigneusement, ajoutant qu’elle aime bien le goût  suret du cassis.

Prendra-t-elle la relève pour la treizième génération? C’est dans les plans.

L’histoire du capitaine Noël

Une belle histoire se cache dans le nom de la ferme, vinaigrerie et distillerie Du Capitaine. Il rend hommage au grand-père de Vincent Noël, Joseph, un cultivateur de Saint-Jean devenu capitaine de goélette en 1931. Quand l’intrépide Joe longe les côtes du majestueux Saint-Laurent, sa femme Maria, née Blouin, s’assure de la bonne marche de la ferme avec un bataillon de quinze enfants. Bon vivant, accordéoniste à ses heures, Joe inspire tant de légendes que la microbrasserie locale lui dédiera une bière, la Joseph Bellarmin. Ce personnage n’aurait pu mieux illustrer la devise du village : « La terre et la mer l’ont façonné ».

Johanne Lepage, collaboration spéciale

https://www.desjardins.com/