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Les Caron, une famille de pionniers

TROIS-RIVIÈRES – Arrivés à une septième génération d’agriculteurs, on peut légitimement parler de dynastie. La Ferme Caron peut revendiquer un tel titre, la famille occupant cette terre du secteur Saint-Louis-de-France à Trois-Rivières depuis 1852. Bien sûr, il y a eu plusieurs virages dans la production depuis les débuts, le plus important s’étant amorcé en 1985, alors que les Caron ont délaissé la production de lait de vache pour s’orienter vers celui de chèvre.

Raphaëlle Julien Caron, qui incarne la relève à la Ferme Caron, est la première de sa lignée d’agriculteurs à ne pas avoir choisi d’emblée cette profession : « Quand j’étais plus jeune, ce n’était pas dans mon plan de vie de reprendre la ferme familiale. »

Après une maîtrise en géomatique, elle a occupé la fonction de responsable en agroenvironnement à la Réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre en 2011. Mais l’appel de la terre s’est fait sentir et la jeune femme a annoncé à ses parents en 2016 qu’elle souhaitait reprendre l’entreprise familiale, au grand bonheur de ces derniers. Elle est devenue copropriétaire en 2018.

Ses parents Gaétan Caron et Christiane Julien ont eu une vision très écologique de l’exploitation, et ce, dès le début. « Ils ont obtenu la certification bio dès 1981 pour les fraises. En fait, ils étaient les premiers au Québec à offrir des fraises bio », croit Raphaëlle.

Leur fromage phare, Le Blanchon, a vu le jour en 1987. Il s’agit d’un fromage de chèvre fermier à pâte fraîche que les Caron déclinent sous divers saveurs. Celui-ci a obtenu la certification bio au milieu des années 80. La commercialisation est exclusivement en circuit court dans des magasins de produits fins de la Mauricie, dans certains restaurants et, bien sûr, à la ferme.

Raphaëlle Julien Caron est devenue copropriétaire  de la ferme familiale avec ses parents en 2018.

Raphaëlle Julien Caron est devenue copropriétaire de la ferme familiale avec ses parents en 2018.

La 7e génération voit plus grand

Les parents de Raphaëlle avaient un tout petit atelier de transformation à même la maison familiale. Depuis avril 2020, une fromagerie toute neuve a été aménagée à la ferme et Raphaëlle n’exclut pas de produire un chèvre affiné lorsque le volume de lait sera suffisant. Déjà, elle transforme occasionnellement un ­f­­romage de type feta. 

L’enclos des animaux a également été agrandi et un système de traite tout neuf a été aménagé cet hiver. Le ­troupeau devrait passer de 32 bêtes à une quarantaine d’ici peu. En parallèle, la ferme poursuit la culture de petits fruits comme les fraises et les ­camerises. 

En libre-service

Raphaël Fort, le conjoint de Raphaëlle, évolue lui-aussi en agriculture puisqu’il est apiculteur. « On a décidé de mettre nos produits en commun au kiosque de la ferme. Avec la COVID-19, on a choisi le libre-service et ça marche très bien. Les gens entrent, choisissent leurs produits, déposent l’argent et s’en vont. Bien sûr, c’est basé sur la confiance, mais jusqu’à présent on n’a pas eu de mauvaises surprises », précise Raphaëlle.

Eddy Verbeeck, collaboration spéciale

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