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Le nouveau sens de la famille élargie

SAINT-AUBERT — Pour Catherine Bélanger et Dave Bernard, de la Ferme des Pensées Sauvages à Saint-Aubert, impossible de prononcer le mot « famille » sans inclure les travailleurs et les volontaires qui les aident chaque année à produire et à récolter la cinquantaine de variétés de légumes qui poussent sur les 2,5 ha consacrés à la production maraîchère.

Depuis qu’ils ont démarré leur entreprise il y a 12 ans, Catherine et Dave accueillent des volontaires souhaitant vivre une expérience à la ferme dans le cadre du programme World Wide Opportunities on Organic Farms (WWOOF) Canada. Au fil des ans, il y en a une centaine provenant du Mexique, du Japon, de la France ou encore de l’Allemagne à avoir agrandi les rangs de la famille Bélanger-Bernard. « D’avril à décembre, ils vivent dans notre maison et mangent avec nous. On partage tout », raconte Catherine, lors d’une petite demi-heure de repos en cette rare journée de beau temps depuis le début de la saison. S’ajoutent à eux les stagiaires et employés qui mettent aussi la main à la terre.

La production maraîchère occupe 2,5 ha des 32 ha de superficie à la Ferme des Pensées Sauvages.

Nomades ou sédentaires?

Catherine a d’abord étudié en ébénisterie et Dave, en écologie appliquée. Le couple s’est connu au Cégep de Victoriaville en 2002, dans le cadre du programme de production légumière biologique.

Après la naissance de leur aînée, Jade, les producteurs maraîchers ont hésité entre prendre racine quelque part ou partir eux-mêmes faire du volontariat agrobio (wwoofing) à travers le monde. À l’occasion d’une visite chez des amis, ils ont découvert à Saint-Aubert une terre qui était en friche depuis 40 ans. Ils ont choisi de l’acheter en 2004 et ont lancé l’entreprise trois ans plus tard. Lors du démarrage, ils ont pu bénéficier des programmes Soutien au travail autonome et Jeunes volontaires.

Graduellement, les deux agriculteurs ont rénové la vieille maison et accru les superficies en culture maraîchère, s’entourant seulement durant les premières années de quelques cochons et d’une centaine de poulets. Par la suite, ils ont construit un tunnel et une serre pour leurs légumes.

Pour vendre leurs récoltes, Catherine et Dave ont tout de suite opté pour la formule de paniers de légumes biologiques. Au départ, ils en produisaient une trentaine alors qu’ils en font 200 aujourd’hui. 

Un patrimoine comestible à perpétuer

Jusqu’à ce jour, Catherine Bélanger et Dave Bernard n’ont pas retrouvé chez leurs filles Amiële, 12 ans, et Jade, 15 ans, cette passion pour l’agriculture maraîchère qui les anime. À 44 ans, Catherine serait heureuse si la terre restait dans la famille, mais n’exclut pas la possibilité de la vendre un jour. Si un tel scénario se réalise, elle souhaite que les nouveaux propriétaires perpétuent ce patrimoine comestible qu’elle et son conjoint ont créé. « C’est dur de vivre ici l’hiver et je ne suis pas sûre que j’aimerais y demeurer à ma retraite », lance celle qui est encore attirée par le goût de partir à l’aventure avec son sac à dos.

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