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Hugo et Charles Lavoie-Beaudry sont accompagnés de Montbriant Champion Choupette, une Canadienne âgée de 16 ans qu’ils affectionnent particulièrement. Elle est l’une des rares vaches que possède Hugo Beaudry qui préfère élever des taures et s’en départir après le premier vêlage. Crédit photos : Frédéric Marcoux

Hugo et Charles Lavoie-Beaudry sont accompagnés de Montbriant Champion Choupette, une Canadienne âgée de 16 ans qu’ils affectionnent particulièrement. Elle est l’une des rares vaches que possède Hugo Beaudry qui préfère élever des taures et s’en départir après le premier vêlage. Crédit photos : Frédéric Marcoux

La tradition des Beaudry

SAINT-VALÉRIEN-DE-MILTON – Pour Hugo et son fils Charles Lavoie-Beaudry, l’élevage de Canadiennes est une façon de préserver une page de l’histoire québécoise. Le duo s’y affaire chaque jour, tout en travaillant dans différents secteurs agricoles. Chez les Beaudry, l’agriculture est plus qu’un mode de vie, c’est une passion qui se transmet de père en fils.

Représentant la quatrième génération d’agriculteurs chez les Beaudry, Hugo a décidé de diversifier ses actifs pour gagner sa vie. L’homme de 48 ans travaille comme représentant pour une compagnie, en plus de s’occuper de 500 porcs et d’élever une douzaine de taures de race canadienne. Il détient également une terre de 81 hectares. « Tout ce qui est en lien avec l’agriculture, c’est ma vie, résume le principal intéressé. J’aime toucher à tout. »

« Quand je m’occupe de mes animaux, c’est un peu comme mes vacances, dit-il. J’aime l’élevage et j’apprécie particulièrement la race canadienne. C’est un animal rustique qui est en voie d’extinction. Je ne les élève pas pour faire de l’argent, au contraire. Je m’en fous, parce que j’ai les moyens de le faire. Mon père avait des Canadiennes et j’ai été élevé avec ça. C’était toujours important pour moi. »

Son frère aîné, Martin, a décidé de se tourner vers la Holstein lorsqu’il a pris la relève de la ferme familiale. De son côté, Hugo Beaudry a senti le besoin de rester connecté avec la race canadienne, « la première race bovine à avoir été développée en Amérique du Nord » à l’arrivée des colons français, selon les Producteurs de lait du Québec. Il ne reste plus que quelques centaines de vaches Canadiennes au Québec. « Je le prends comme un défi. Je veux élever de beaux animaux pour la race […]. Ce serait triste de la perdre » estime-t-il.

Hugo Beaudry se donne comme objectif d’élever de beaux animaux pour préserver les Canadiennes.

Hugo Beaudry se donne comme objectif d’élever de beaux animaux pour préserver les Canadiennes.

Sur les traces du paternel

Son fils Charles a l’intention de poursuivre la tradition. Comme son père, le jeune homme âgé de 19 ans est déjà très actif dans différents secteurs agricoles. Il s’est récemment doté d’un tracteur et d’un épandeur à purin, l’été dernier, pour commencer à travailler à son compte. « Je veux poursuivre l’élevage de mon père, ça, c’est certain», affirme Charles Lavoie-Beaudry qui aime participer aux différentes expositions agricoles avec les Canadiennes de son père.

« Je travaille aussi pour un agriculteur qui se spécialise dans les grandes cultures. C’est plus mon domaine, reconnaît-il. Ce que j’aime le plus de l’agriculture, c’est que je peux toucher à tout. »

Inquiet pour les Canadiennes

À long terme, Hugo Beaudry ne cache pas son inquiétude pour la race Canadienne.

« Avec le prix du lait et le contexte actuel, c’est difficile. Les agriculteurs doivent être performants. C’est ce qui fait que presque toutes les races colorées prennent tranquillement le bord », déplore l’éleveur.

Celui-ci comprend toutefois la décision de son frère Martin, qui a misé sur la race Holstein plutôt que sur les Canadiennes, lorsqu’il a pris les rênes de la ferme familiale.

Le Centre canadien d’information laitière indique que la moyenne annuelle de productions d’une Canadienne est d’un peu plus de 6 000 kg de lait, tandis que la moyenne pour une Holstein est de plus de 10 900 kg.

« Je crois que les Canadiennes devront se trouver une plus-value pour survivre à long terme, mentionne M. Beaudry. C’est une excellente vache pour les produits fromagers qui peut être très rentable à ce chapitre.»

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