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Audrey Létourneau et Jean-Pierre Audesse avec leurs trois enfants : Mégan, 11 ans, Loïc, 6 ans, et Joey, 9 ans. Photos : Patricia Blackburn / TCN

Audrey Létourneau et Jean-Pierre Audesse avec leurs trois enfants : Mégan, 11 ans, Loïc, 6 ans, et Joey, 9 ans. Photos : Patricia Blackburn / TCN

La passion, filon de cinq générations de producteurs

Dans un vallon pittoresque du village de Sainte-Marguerite, dans Chaudière-Appalaches, Jean-Pierre Audesse exploite la ferme porcine familiale avec la même passion qui a animé le cœur des quatre générations de producteurs agricoles qui l’ont précédé.

Selon lui, pour réussir, il faut être à l’avant-garde de la technologie et gérer la production de manière efficace. C’est là la plus belle leçon que lui a laissée son père, Jean-Claude, avant son trépas. Une chose est claire dans la tête de Jean-Pierre Audesse : ­s’asseoir sur ce qui a été construit par son père, son grand-père et les générations précédentes ne suffit pas. « Mon père était déjà comme ça, confie le producteur porcin de 36 ans. Il a été le premier pour plein d’affaires. Le premier à installer des balances trieuses, notamment», souligne-t-il.

Il le remercie encore d’avoir été à l’avant-garde en dotant la ferme d’une meunerie. « C’est probablement la meilleure décision qu’il a prise pour l’entreprise, confie-t-il, en soulignant que de produire lui-même la moulée pour nourrir les animaux lui permet de grosses économies lorsque le marché des grains fluctue, comme c’est le cas présentement. « La production porcine a toujours été une passion pour lui », résume le fils, qui poursuit sur les mêmes traces en étant en constante recherche des meilleures solutions pour rendre sa production plus compétitive. Quelques années seulement après avoir pris la relève de la ferme en 2006, il a décidé de changer la vocation de la production en délaissant la portion maternité de son élevage, qui compte aujourd’hui environ 10 000 porcs à l’engraissement. « Car pour être performant, il faut se spécialiser, croit-il. Aussi, je m’occupe seul de la ferme et une maternité demande beaucoup d’énergie. Ce n’était pas une bonne idée de la garder. »

Jean-Pierre Audesse remercie encore son père d’avoir été à l’avant-garde en dotant la ferme d’une meunerie.

Jean-Pierre Audesse remercie encore son père d’avoir été à l’avant-garde en dotant la ferme d’une meunerie.

Vers un nouveau modèle d’affaires

L’énergique producteur n’a toutefois pas abandonné complètement l’idée de contrôler sa production de A à Z. Il vient de s’associer avec un producteur porcin voisin et un troisième de la région de Trois-Rivières afin de développer une maternité porcine commune qui les fournira en porcelets. « Nous avons choisi de construire la maternité à Trois-Rivières, dans un site éloigné des autres porcheries, afin d’être isolé des maladies, explique-t-il. Et avec une plus grosse bâtisse, nous serons gagnants grâce à l’économie d’échelle. On a calculé, et ça nous aurait coûté plus cher de rénover chacun notre propre maternité. C’est un modèle d’affaires collectif qu’on voit encore peu dans le coin, mais qui nous aidera à être plus compétitifs », confie-t-il fièrement. 

Une famille active

Avec leurs trois enfants, Jean-Pierre Audesse et sa conjointe Audrey Létourneau ne chôment pas. Le jour, le premier s’occupe de la ferme alors que la seconde œuvre comme coiffeuse. Le soir, la famille utilise le sport comme soupape de décompression. « Les gens ne comprennent pas comment je fais pour continuer de bouger après mes journées à la ferme, raconte M. Audesse. Mais pour moi, c’est une façon de décrocher du travail. » Étant instructeur de taekwondo, il initie ses enfants à cette discipline quelques soirs par semaine, question de se changer les idées en bougeant un peu plus… ce qui semble plaire à sa progéniture, aussi active que lui.