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Jade Cazelais et Christian Leclerc ont tous les deux grandi dans une famille où oncles et grands-pères étaient agriculteurs. Photos : Gracieuseté de la Ferme JCL Abitibi

Jade Cazelais et Christian Leclerc ont tous les deux grandi dans une famille où oncles et grands-pères étaient agriculteurs. Photos : Gracieuseté de la Ferme JCL Abitibi

Ils ont redonné un nouveau souffle à l’entreprise

VASSAN – Lorsqu’ils ont fait l’acquisition de leur ferme en 2018, Jade Cazelais et Christian Leclerc ont choisi de se consacrer exclusivement à la production d’ail et de grandes cultures céréalières biologiques. C’était là tout un virage pour une entreprise qui avait été, pendant 57 ans, en production laitière.

Fiche technique

Nom de la ferme
Ferme JCL Abitibi

Spécialités
Ail et culture céréalière biologiques

Année de fondation
1961

Noms des propriétaires
Jade Cazelais
et Christian Leclerc

Nombre de générations
3

Superficie en culture
Plus de 300 hectares 

Au début des années 1960, quand Laurent Leclerc s’est établi à Vassan, l’Abitibi était presque encore une terre de colonisation. « Il y avait environ dix acres [quatre hectares] de défrichés autour de la maison », raconte son petit-fils, Christian. L’année suivante, Laurent a fondé sa famille avec son épouse Berthe Lanthagne et a entrepris de défricher 200 hectares de plus au fil des ans. « Mon grand-père a commencé avec deux vaches et quand on a vendu le troupeau en 2018, il comptait 120 têtes, dont 66 vaches en lactation pour un total de 90 kilos par jour », ajoute Christian.

De père en fils et en neveu

Laurent Leclerc a ensuite vendu l’entreprise à ses fils André et Raymond. En 2018, Christian a acquis la ferme de son oncle Raymond, qui avait entre-temps racheté les parts de son frère. Il forme donc la 3e génération de Leclerc propriétaires de la ferme en copropriété avec sa conjointe Jade Cazelais. Le couple a aussi un garçon de sept ans prénommé Léo qui, bien qu’il soit trop tôt pour deviner ses projets d’avenir, se montre déjà intéressé par l’agriculture.

Il n’y a plus d’animaux dans la ferme depuis juin 2018. Pour retrouver la rentabilité dans le secteur laitier, l’entreprise aurait dû faire de trop gros investissements, selon Christian.

« De toute façon, souligne l’agriculteur, Jade et moi, on aimait mieux le travail au champ. » L’ail et les grandes cultures céréalières biologiques occupent depuis toute la production. La ferme a obtenu son accréditation bio cet été. L’ancienne vacherie de 38 pieds sur 200 pieds a été convertie pour l’emballage et l’entreposage de l’ail.

Le dada de Jade

« Au départ, l’ail c’était surtout le dada de Jade, alors que moi c’était plutôt les grandes cultures qui m’intéressaient », confie l’agriculteur. La production a commencé modestement. En 2017, la culture d’ail se limitait à un jardin de 50 pieds sur 50 pieds, ce qui représentait une récolte de tout au plus une cinquantaine de kilos.

Rapidement, Jade a su donner la piqûre à Christian pour cette plante liliacée qui représente aujourd’hui leur principale culture. « On a triplé notre production annuellement et la Ferme JCL a produit quelque 8 000 kilos d’ail cette année sur une superficie de six hectares », souligne Christian Leclerc. Il ajoute que l’objectif est de produire 100 tonnes d’ici dix ans. À son avis, il y a de la place au Québec pour écouler une telle production et il croit en l’image de marque de l’ail du Québec.

Depuis juin 2018, il n’y a plus d’animaux dans la ferme. Les grandes cultures céréalières et l’ail biologiques occupent toute la production.

Depuis juin 2018, il n’y a plus d’animaux dans la ferme. Les grandes cultures céréalières et l’ail biologiques occupent toute la production.

Le couple produit deux variétés d’ail, le Messidor et le Music, qui sont vendues dans les commerces du groupe Sobeys des secteurs de l’Abitibi-Témiscamingue, Chapais et Chibougamau. Les consommateurs peuvent acheter l’ail de leur région du début octobre au début mars.

Contribution de la famille

Jade est originaire de Sainte-Martine, près de Châteauguay. Son grand-père possédait une ferme laitière qui a été reprise par la suite par son oncle et convertie pour le veau de grain. Avant la mécanisation de la Ferme JCL, les membres de la famille de Jade se réunissaient chaque année pour donner un coup de main aux nouveaux producteurs.

« On sème à l’automne et on récolte tout l’été », note Christian. Même si le travail manuel a diminué, la famille de sa conjointe revient chaque été la visiter tout en continuant à participer aux activités. Jade et Christian leur sont grandement reconnaissants de cette contribution. 

Équipement techno

Cette année, l’entreprise a acquis un tout nouveau sarcleur avec un système de guidage par caméra qui permet un désherbage efficace et le plus près possible de l’ail. La caméra différencie les plantes des mauvaises herbes et corrige la trajectoire de l’étrille avec une précision incroyable. Avant, c’est une personne assise sur le sarcleur qui le guidait avec une poignée. Cet équipement a permis de gagner en rentabilité et en fiabilité. Un des secteurs clés dans la production de l’ail est la gestion des mauvaises herbes. « Notre jeune entreprise a investi afin de rendre disponible à l’année de l’ail biologique pour toute notre grande région », lance fièrement Christian. 

5 conseils pour… un changement complet de production

Réseauter
Un changement radical de mode de production implique de découvrir de nouveaux marchés pour nos produits. Selon lui, l’engagement et le réseautage permettent d’y arriver. « Il faut voir du monde et échanger », dit-il. Christian est, entre autres, administrateur de son syndicat local de l’UPA de la Vallée-de-l’Or.

Bien s’entourer
Les producteurs croient en l’importance de bien s’entourer de personnes différentes, des agronomes et des conseillers techniques, qui connaissent bien le bio et en qui ils peuvent avoir confiance. Leur conseillère technique de la firme JMP Consultants, Lucie Rioux, fait partie de ces personnes. 

Se parler
Pour Christian, la communication est d’une importance capitale. Tous les intervenants doivent être au courant de la démarche, que ce soit la famille ou les fournisseurs d’intrants. C’est un gage de réussite.

Pas de plan B
Quand on s’engage en production biologique, il ne faut pas avoir un plan B qui permettrait de revenir en arrière. Il faut se fixer un objectif et garder le focus! Il est possible de modifier le plan A si nécessaire, mais « quand on regarde en arrière, c’est seulement pour voir le chemin parcouru », dit-il.

Penser à soi
Une fois par semaine, Jade et Christian mettent le travail sur STOP pour penser à eux et recharger les batteries. Ils vont visiter des amis ou s’offrent une sortie au restaurant. Rien de compliqué, juste changer d’air.