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Après la récolte, David Hamel et Karine Masseau, accompagnés de leurs enfants Loïc et Anaïs, assemblent les paniers de légumes qui seront distribués plus tard dans la journée. Photos : Charles-Olivier Caron

Après la récolte, David Hamel et Karine Masseau, accompagnés de leurs enfants Loïc et Anaïs, assemblent les paniers de légumes qui seront distribués plus tard dans la journée. Photos : Charles-Olivier Caron

Des paniers de légumes frais pour les Nord-Côtiers

FORESTVILLE — À l’origine, Bio ferme du nord était un projet d’agriculture atypique. David Hamel avait en tête de tester des engrais biologiques fabriqués par son entreprise. De fil en aiguille et avec l’aide de sa conjointe, il s’est fixé l’objectif d’offrir des produits frais et diversifiés aux gens de la Côte-Nord.

« Au début [en 2010], je voulais voir ce que j’allais être capable de produire et comment je pouvais le faire », explique David Hamel, fondateur de la Bio ferme du nord, épaulé par sa conjointe Karine Masseau, qui l’a rejoint dans ce projet quelques années plus tard. Leurs plantations certifiées biologiques couvrent près d’un hectare en légumes de champs variés et trois hectares en petits fruits. Un verger d’un hectare sera ajouté l’an prochain.

« On ne force pas les enfants à venir nous aider; ils viennent de leur plein gré, que ce soit pour les récoltes ou l’arrosage des plants », explique Karine Masseau.

« On ne force pas les enfants à venir nous aider; ils viennent de leur plein gré, que ce soit pour les récoltes ou l’arrosage des plants », explique Karine Masseau.

Un défi de taille

La création de la ferme n’a pas été de tout repos. Un problème majeur s’est présenté : la composition du sol. « Ici, on est dans le sable. Il faut monter la matière organique et préparer le sol, ensuite planter et faire tout le reste. C’est beaucoup de travail », explique M. Hamel.

De plus, il faut tout faire en très peu de temps. La saison des cultures est très courte sur la Côte-Nord. Il faut donc être prévoyant et mettre les bouchées doubles quand le moment propice arrive. Le quotidien des jeunes parents se retrouve assez chargé lors de cette période charnière. Et ils ne sont pas à l’abri des aléas de la météo.

D’ailleurs, le malheur a frappé l’an dernier à la première semaine de septembre. Un gel au sol a causé la perte totale des récoltes de tomates, de concombres et de cerises de terre entre autres. « On a tout perdu lorsqu’est venu le temps de récolter », se désole le producteur. Cette épreuve n’a pas fait en sorte que la famille abandonne pour autant. Elle adapte désormais ses pratiques, notamment grâce à un tunnel agricole et une serre, installés cette année. 

Un avenir prometteur

Œuvrant aussi dans le domaine de la santé, Karine Masseau arrive à concilier ses deux occupations. L’idée de se concentrer uniquement sur l’exploitation lui a déjà effleuré l’esprit, mais il n’est pas encore temps pour elle de faire le saut, donne-t-elle à entendre.

Le couple espère pouvoir compter un jour sur l’aide de ses jeunes enfants, Anaïs, cinq ans, et Loïc, trois ans. « On -aimerait ça qu’ils reprennent la ferme dans plusieurs années, mais on ne va pas les obliger », concluent les jeunes parents.

Au cœur d’un désert alimentaire

« Ici, on est pas mal dans un désert alimentaire. Il y a des épiceries, mais la nourriture se périme très vite, car elle doit faire beaucoup de route pour se rendre sur les tablettes », confient David Hamel et Karine Masseau.

La jeune famille tente donc de répondre au mieux à la demande et d’offrir aux Nord-Côtiers de nombreux produits frais. « On produit des légumes à feuilles comme le kale [chou frisé] et la laitue, plusieurs variétés d’oignons, des carottes, du fenouil, des piments, des tomates, des aubergines, des haricots et de l’ail, en plus des petits fruits comme les fraises, les cerises de terre et les bleuets », énumèrent fièrement les agriculteurs.

Charles-Olivier Caron, collaboration spéciale

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