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Yvon Lauzon, Lise Lemay, Rose-Annie Lauzon, Pascale Richard, Raphaël Lauzon avec sa fille Anne dans les bras, et Benjamin Lauzon dans leur champ de fraises. Photos : Geneviève Quessy

Yvon Lauzon, Lise Lemay, Rose-Annie Lauzon, Pascale Richard, Raphaël Lauzon avec sa fille Anne dans les bras, et Benjamin Lauzon dans leur champ de fraises. Photos : Geneviève Quessy

Des fraises et des sourires cultivés en famille

SAINTE-ANNE-DES-PLAINES – La famille Lauzon a marqué la personnalité de son village, qui compte plusieurs autres producteurs de fraises au point d’y avoir consacré un festival durant de nombreuses années. « C’est mon arrière-grand-père qui a apporté les premiers plants de fraises cultivées à Sainte-Anne-des-Plaines », affirme Yvon Lauzon, qui a poursuivi la tradition de ses ancêtres et transmis l’amour de la terre à ses enfants.

Malgré son expropriation par le gouvernement fédéral, dont le projet d’aéroport de Mirabel devait s’étendre jusqu’à Sainte-Anne-des-Plaines, la terre des Lauzon est toujours dans la famille depuis cinq générations. Et même qu’avec la petite Anne, voici qu’une 6e génération vient de poindre le bout de son nez.

« C’est un peu le hasard qui fait qu’on cultive toujours cette terre », raconte le patriarche Yvon Lauzon. « Puisque mon père s’était fait exproprier, je ne pensais pas devenir cultivateur et je me destinais plutôt à l’enseignement. Puis, quand le gouvernement a voulu nous revendre la terre en 1987, il n’y avait plus que moi pour l’acheter, alors je l’ai pris. Ma sœur a acheté la terre d’à côté, qui appartenait à mon grand-père maternel, un Lauzon lui aussi. »

À la suite de son arrière-grand-père Akila, de son grand-père Edmond et de son père Jacques, Yvon s’est remis à cultiver la terre du rang Trait-Carré avec son épouse Lise Lemay, elle aussi enseignante. « On a toujours eu deux emplois. Heureusement, l’été on ­pouvait se ­consacrer entièrement à la ferme et les enfants nous ont toujours aidés », témoigne Mme Lemay.

Comme ses parents, Yvon a continué à cultiver le délicieux fruit rouge. Puis un jour, il a cessé d’aller au Marché central pour y vendre ses fruits. La main-d’œuvre devenait difficile à trouver et pour ­s’éviter ce casse-tête, Lise a proposé l’idée de l’autocueillette.

Aujourd’hui, leur fils Raphaël est devenu copropriétaire de la Fraisière Lauzon et Fils. Son frère Benjamin et sa soeur Rose-Annie sont toujours là pour donner un coup de main.

La production s’est diversifiée depuis cinq ans à la Fraisière Lauzon et Fils avec entre autres l’ajout de citrouilles.

La production s’est diversifiée depuis cinq ans à la Fraisière Lauzon et Fils avec entre autres l’ajout de citrouilles.

De l’énergie à revendre

Depuis cinq ans, la production s’est diversifiée. « On a acquis une scierie, planté framboises, bleuets et citrouilles et on produit notre sirop d’érable », énumère Raphaël. Le jeune homme a toutes sortes d’idées et de l’énergie à revendre. Son dernier projet? Un labyrinthe de maïs pour les visiteurs qui viennent cueillir leurs citrouilles.

Yvon Lauzon ne pense pas encore à une vraie retraite. « Il a bien trop besoin de jaser avec le monde », disent à l’unisson ses enfants.

L’influence de l’enseignement

Faire en sorte que le client soit heureux et se sente chez lui est au cœur du projet des Lauzon. « C’est mon plaisir de voir un petit gars revenir du champ la bouche toute rouge avec un sourire », lance Raphaël.

La rencontre avec le client, c’est l’occasion de transmettre, de sensibiliser et de vulgariser, disent ses parents enseignants. « C’est peut-être une déformation professionnelle, mais c’est vraiment important pour nous d’expliquer notre travail, l’impact de la météo, comment on doit cueillir, et aussi d’amener les gens à respecter la terre », raconte Lise Lemay, qui accueille des groupes scolaires à la ferme.

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