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Eric Perreault en compagnie de sa conjointe Marie Perreault et de leurs enfants, Abigaël, Isaac et Eliot. Photos : Gracieuseté d’Eric Perreault

Eric Perreault en compagnie de sa conjointe Marie Perreault et de leurs enfants, Abigaël, Isaac et Eliot. Photos : Gracieuseté d’Eric Perreault

De la ville à l’île

PORT-MENIER Cherchant un endroit pour élever leurs enfants, Eric et Marie Perreault ont quitté la banlieue de Montréal pour emménager dans l’île d’Anticosti. La famille s’est retrouvée à Port-Menier, où les projets de la terre s’enchaînent depuis les 10 dernières années.

Lorsqu’il a fait le grand saut, le couple cherchait à reproduire un mode de vie près de l’autarcie. Il a d’abord acheté une terre agricole complètement boisée qu’il a défrichée à la main. Le bois a ensuite été utilisé pour construire la maison et des bâtiments agricoles. Ainsi est né le projet de Ferme d’à côté.

« On a fait les choses à contre-courant. Les gens partaient  tandis que nous, on arrivait. C’est un choix de vie qu’on a fait », explique Eric Perreault. Ayant toujours entretenu un jardin en ville, la famille cherchait à avoir le même mode de vie, mais avec un peu plus de produits.

La construction d’une ébénisterie-étable est en cours pour le projet de tourisme agricole.

La construction d’une ébénisterie-étable est en cours pour le projet de tourisme agricole.

Adaptation

Il s’agissait d’un changement de vie draconien. Le confort de la ville n’a pas suivi les camions de déménagement. « Au début, nous n’avions pas l’eau courante. Il fallait remplir des contenants de 18 litres et les transporter à la main. On a eu l’électricité un peu plus tard. On se débrouillait comme on pouvait et on s’est adapté », raconte M. Perreault.

La production aussi s’est adaptée avec le temps. Au début, le couple possédait des chèvres, des cochons, des lapins et des poules. Aujourd’hui, avec trois enfants, c’est plus difficile de concilier le travail à la ferme et la vie de famille. « Nous n’étions pas fermiers, donc nous avons dû apprendre nous-mêmes à faire notre fromage, notre yogourt, notre savon, etc. C’est trop de travail pour deux personnes, donc on a réduit la production », explique Eric Perreault.

Tourisme agricole

Le couple a donc décidé de se tourner vers le tourisme agricole, qui permet d’offrir une expérience différente dans l’île. Il s’agit de rester une semaine ou un mois dans une ferme en apprenant, par exemple, à faire son propre fromage.

« En plus, c’est du gagnant-­gagnant. On aura un coup de main à la ferme pendant que les touristes vont apprendre des choses et vivre une expérience », conclut M. Perreault. 

Expérimentation

Une production agricole gérée par deux personnes représente un défi constant et on a dû essayer plusieurs formules afin de rentabiliser la production. « On a essayé de commercialiser les produits sur l’île, sans succès, car le coût de la vie est très élevé. La production a fourni pendant quelque temps les pourvoiries et on a eu un kiosque lors d’un  marché public. Bref, on expérimente afin de trouver la rentabilité », explique M. Perreault. La ferme s’est finalement tournée vers une production autosuffisante. Il y a trois récoltes par année, soit dans les champs, soit avec les serres. Il y a une vache pour le lait et quelques cochons pour la viande.

Charles-Olivier Caron, collaboration spéciale