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Les six enfants de Pascal Parideans et Nathalie Tremblay évoluent aussi en agriculture. Photos : Gracieuseté de la famille Parideans

Les six enfants de Pascal Parideans et Nathalie Tremblay évoluent aussi en agriculture. Photos : Gracieuseté de la famille Parideans

De la semence au pain

COATICOOK — Arrivé d’Europe, Pascal Parideans s’est établi à Coaticook, en Estrie, en 1979. L’agriculteur a légué sa passion pour la terre à ses six enfants, qui marchent dans les traces du paternel et vont même encore plus loin. Aujourd’hui, la famille compte un moulin et une boulangerie permettant de transformer les cultures en produits.

Fiche technique

Nom de la ferme
Ferme de Promelles et Moulin de Promelles

Spécialités
Productions biologiques de céréales, légumes et fruits ainsi que la transformation en farine

Année de fondation
1979

Noms des propriétaires
Pascal Paridaens et Nathalie Tremblay (Ferme de Promelles), Gaël, Yoann et Pascal Paridaens (Moulin de Promelles)

Nombre de générations
2

Superficie en culture
154 hectares

Originaire de Promelles en Belgique, Pascal Parideans a amorcé sa carrière d’agriculteur au Québec en 1979 comme producteur laitier. Alors que le nouveau siècle commençait, le copropriétaire de la Ferme de Promelles, à Coaticook, en Estrie, a effectué un virage vers les grandes cultures et vendu son troupeau de vaches. Il cultive maintenant une panoplie de céréales ainsi que des légumes et des fruits, tous biologiques.

Ses six enfants évoluent eux aussi en agriculture, que ce soit en production laitière, en culture maraîchère, en grandes cultures ou en transformation. « C’est beau de voir les jeunes qui ont autant d’ambition parce qu’aujourd’hui, je trouve que l’agriculture, c’est dur. Tout coûte cher, donc pour démarrer un projet, il faut le vouloir », affirme M. Parideans. Son garçon Gaël explique que sa fratrie et lui ont été grandement inspirés par leurs parents et grands-parents. « Il y a toujours eu une petite flamme dans la famille qui faisait que c’était facile d’adhérer à cette passion et de vouloir consacrer notre vie à ça », souligne-t-il.

Ce dernier est la relève désignée pour reprendre la ferme familiale. Il a aussi, avec son frère Yoann et son père, fondé en 2018 le Moulin de Promelles, une entreprise connexe qui moud en farine les grains cultivés.

La volonté de transformer

Gaël mentionne que son père avait en tête la volonté de trouver une façon d’intégrer la transformation dans la ferme dès qu’il a commencé en grandes cultures biologiques. La famille a arrêté son choix sur le moulin après un processus de recherche. Il y a quelques années, le père a réuni les membres de sa famille pour dessiner sur un tableau leur vison de l’avenir. Il est ressorti l’idée d’avoir un magasin à la ferme. La vente de légumes et de pain faisait partie des options. « Une graine a été semée et ça a évolué. La graine a fini par germer et pousser », illustre M. Parideans.

Pascal Parideans et Nathalie Tremblay ont transmis leur passion de l’agriculture à leurs enfants,  qui ne manquent pas d’idées pour bonifier la ferme.

Pascal Parideans et Nathalie Tremblay ont transmis leur passion de l’agriculture à leurs enfants, qui ne manquent pas d’idées pour bonifier la ferme.

En 2015, Gaël a acheté de l’équipement et appris le métier de meunier. Il a ensuite testé le marché avant de lancer officiellement le projet, qui a rapidement pris de l’ampleur. « On a évolué beaucoup en très peu de temps. En trois ans, on est passé de 70 tonnes à une capacité de 600 tonnes de produits transformés », indique-t-il.

Pour lui, le moulin est une façon d’assurer la pérennité de l’entreprise. L’installation permet aussi à d’autres fermes de la région d’avoir un acheteur, précise-t-il. La Ferme de Promelles cultive et transforme du soya, du blé et du sarrasin. Elle a aussi formé une alliance avec la coop Agro Bio.

Pascal Parideans insiste sur le fait que ses enfants ne manquent pas d’idées pour bonifier la ferme. Par exemple, Yoann a ouvert une boulangerie, ce qui permet à la famille de toucher à la chaîne complète de la terre à la table. Un bel accomplissement pour le père. « Ça s’est fait naturellement », soutient l’agriculteur. Gaël s’enthousiasme également : « Ça donne du sens à tout le travail qu’on fait et donne le courage pour développer davantage. » Ce dernier espère que ses propres enfants, âgés de quatre et six ans, auront aussi cette passion pour l’agriculture.


Gaël Parideans explique qu’une ensacheuse contribue à simplifier les activités du moulin.

Gaël Parideans explique qu’une ensacheuse contribue à simplifier les activités du moulin.

Équipement techno

Le moulin est équipé d’une ensacheuse qui facilite grandement le travail. La machine pèse la quantité de farine mise dans le sac, effectue le pli dans le haut du sac et met la couture pour le fermer. C’est avec l’entreprise Conception Duquette, de Waterville, qu’elle a été créée. « On a travaillé fort pour trouver comment faire pour se simplifier la vie, surtout pour les petits formats. Ça sert aussi pour les plus gros formats », indique Gaël Parideans. Il souhaite aussi mécaniser et automatiser davantage la ferme et le moulin dans l’avenir, considérant les difficultés pour trouver des employés. 


3 conseils pour… transformer à la ferme

User de persévérance

La Ferme de Promelles cultive des grandes cultures ainsi que des fruits et légumes, tous biologiques.

La Ferme de Promelles cultive des grandes cultures ainsi que des fruits et légumes, tous biologiques.

Père et fils affirment que ça prend de la persévérance pour mener à bien le projet de transformer une culture. « Au début, ce n’est pas évident. On recommence tout le temps parce que ça évolue », indique Pascal Parideans. Son garçon ajoute que « parfois, on tombe dans un vide et on a l’impression qu’il n’y a plus rien, mais le travail en vaut la peine ».

Établir une bonne mise en marché

Le principal défi est de développer la mise en marché. Gaël souligne l’importance de faire découvrir aux consommateurs qu’il est possible d’acheter des produits locaux, d’avoir de bons produits, et que c’est abordable. Il mentionne que dans les dernières années, la publicité pour les produits locaux et artisanaux a facilité le travail.

S’entourer des bonnes personnes

Pour bien réussir cette transition, il faut aussi savoir s’entourer de gens qui aideront à prendre les bonnes décisions. Pascal cite en exemple la Société d’aide au développement de Coaticook qui leur a été utile. Ces organismes peuvent également contribuer avec des subventions. La famille Parideans est aussi composée de membres qui sont prêts à mettre la main à la pâte pour réussir un projet.