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Gisèle Fillion, Jean-Claude Paradis, Hélène Paradis et Jean-François Allie avec leurs enfants Ariane, Elliot et Laurence. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

Gisèle Fillion, Jean-Claude Paradis, Hélène Paradis et Jean-François Allie avec leurs enfants Ariane, Elliot et Laurence. Crédit photo : Thierry Larivière/TCN

De 40 arpents à 1 000 ha et 140 000 poules

SAINT-EDMOND-DE-GRANTHAM — En près de 50 ans, Jean-Claude Paradis et Gisèle Fillion ont réussi à transformer complètement la ferme maraîchère de 40 arpents du père de Jean-Claude, Gérard.

Les trois entreprises de la famille Paradis-Allie cultivent maintenant plus de 1 000 ha et élèvent quelque 140 000 poules pondeuses. En 1969, Jean-Claude avait commencé avec seulement 1 500 poules.

En entendant l’histoire de Jean-Claude Paradis, on peut se demander si une telle progression en agriculture serait encore possible aujourd’hui.

Jean-Claude a rapidement accru sa production d’œufs avec 5 000 poules, tout en continuant de cultiver des concombres pour les conserveries en compagnie de son père. « En 1974, j’ai augmenté mon élevage à 30 000 poules à l’aide d’un prêt de 100 000 $ du Crédit agricole », explique le producteur d’œufs, qui mentionne que le prix du contingent était à l’époque de 1 $ à 1,25 $ la poule. « Ovila Lebel m’avait dit : “C’est cher en maudit, Jean-Claude” », se souvient le producteur. Le prix actuel est de 245 $.

En 1976, la Ferme Claumond a bâti sa première moulange. « Ça a fait jaser », se rappelle Jean-Claude. Il a aussi acquis des terres au fil des ans et cultive maintenant 1 050 ha, ce qui permet de dépasser largement l’autosuffisance. Les terres sont réparties dans cinq paroisses à proximité. « Je pense que 1 000 ha c’est assez, sinon ça me prendrait une deuxième équipe », estime le producteur de maïs, de soya IP et de haricots secs Cranberry pour l’exportation. À 68 ans, Jean-Claude supervise encore toutes les étapes des cultures. « J’aime la terre », mentionne-t-il.

La moulange est aujourd’hui automatisée et la moulée est soufflée dans chaque poulailler par des tuyaux souterrains à partir d’un élévateur. Pour le moment, on achète le tourteau. Il est en effet plus rentable de récolter une prime de 100 $ la tonne que de faire son propre tourteau. Les poules mangent aussi un peu d’orge. La Ferme Claumond en élève aujourd’hui 60 000.

Malgré les prix plus raisonnables des terres et des quotas à l’époque, la ferme avait besoin de crédit pour grandir à ce rythme. « C’est Gisèle qui s’occupe des terres et achète tous les tracteurs », lance Jean-Claude. Gisèle a fondé la Ferme agricole 122 en 1987, parce que le Crédit agricole ne prêtait plus à la première entreprise. « J’aimais ça séparer les deux fermes, qui faisaient affaire avec deux banques. Ainsi, elles étaient plus avenantes », fait valoir le producteur d’expérience.

Gisèle et Jean-Claude sont aujourd’hui comblés par leur métier qu’ils exercent depuis près de 50 ans. « Ce que j’apprécie le plus, c’est la belle liberté, la campagne », résume Gisèle.

Jean-Claude estime que le prix des terres a monté de façon vertigineuse depuis ses débuts, « à cause des investisseurs non agricoles », ce qui ne permet pas, selon lui, de les rentabiliser. Crédit photos : Thierry Larivière/TCN

Jean-Claude estime que le prix des terres a monté de façon vertigineuse depuis ses débuts, « à cause des investisseurs non agricoles », ce qui ne permet pas, selon lui, de les rentabiliser. Crédit photos : Thierry Larivière/TCN

Une relève bien établie

C’est finalement Hélène, fille de Jean-Claude et Gisèle, avec son conjoint Jean-François Allie, qui se sont établis sous le nom de Ferme Paralie en 2004. Le fils de la famille ne s’intéressait pas à l’agriculture. La ferme a commencé avec 25 000 poules et en compte maintenant plus de 80 000. Elle mise sur l’élevage en volière depuis 2016. Les poulettes sont élevées sur place. Hélène, comptable de formation, s’occupe notamment de la gestion. Jean-François est également au conseil d’administration de Nutri-Œuf, dont l’un des fondateurs n’était nul autre que son beau-père.