Christian Vigneault est issu de la troisième génération à exploiter la ferme familiale et est épaulé par sa femme Marylène (à gauche). Sa fille Catherine devrait prendre la relève. Les garçons, Charles et Christopher, sont trop jeunes pour savoir s’ils s’impliqueront au sein de l’entreprise. Crédit photo : Marie-Pascale Fortier

Christian Vigneault est issu de la troisième génération à exploiter la ferme familiale et est épaulé par sa femme Marylène (à gauche). Sa fille Catherine devrait prendre la relève. Les garçons, Charles et Christopher, sont trop jeunes pour savoir s’ils s’impliqueront au sein de l’entreprise. Crédit photo : Marie-Pascale Fortier

Le bio, une histoire de famille

Plessisville — Christian Vigneault, propriétaire de la ferme laitière biologique La Féconde, ne tient pas des voisins en ce qui concerne son intérêt à l’égard de la production bio. « Les cultures de mon père étaient déjà bio dans les champs, malgré qu’elles n’aient jamais été certifiées. Il refusait de faire usage de pesticides et d’engrais chimiques, car ça ne correspondait pas à ses valeurs. Je dirais même que mon père et mon grand-père étaient un peu avant-gardistes. »

C’est grâce à l’enseignement de son père que priment le bien-être animal et la production biologique dans l’entreprise de Christian Vigneault. À la ferme La Féconde, les vaches sont en stabulation libre dans la nouvelle étable bâtie en 2016 et équipée d’un robot de traite. « C’est mon père qui m’a transmis ces valeurs-là, confie-t-il. Il fallait que ses bêtes soient bien pour qu’il le soit aussi. Ça lui fendait le cœur de voir une vache attachée. Elles étaient libres d’aller dehors quand elles le voulaient. L’hiver, elles y allaient d’elles-mêmes et elles étaient contentes de pouvoir aller courir à l’extérieur. » À l’époque de la fondation de l’entreprise, en 1935, il y avait peu de fermes où les vaches étaient en stabulation libre.

C’est en 1998 que Christian Vigneault a introduit la certification biologique à La Féconde. Depuis, les normes ont évolué et le bio a la cote, « mais à l’époque, on passait pour des bizarres », rigole-t-il.

Christian Vigneault et sa conjointe Marylène apprécient le soutien qu’ils reçoivent de la part de tous les spécialistes en production bio.

Christian Vigneault et sa conjointe Marylène apprécient le soutien qu’ils reçoivent de la part de tous les spécialistes en production bio.

La robotisation du nouveau bâtiment, construit il y a un peu plus de deux ans, aura notamment permis aux Vigneault d’avoir beaucoup plus de temps à consacrer à leur famille. « On est repartis de zéro. Les installations étaient désuètes; on avait une bâtisse qui menaçait de s’écrouler et une salle de traite qui avait plus de 40 ans. Il nous fallait huit heures chaque jour pour faire la traite. Ça ne finissait jamais et ce n’était plus fonctionnel », explique le père de famille, qui a été appuyé par sa conjointe Marylène Houle et par sa fille dans le processus de construction.

En janvier 2016, ils ont aussi commencé à faire leur propre élevage. « Auparavant, on n’était pas installés pour le faire. On voulait être efficaces et offrir le maximum de confort à nos génisses », rapporte Catherine, l’aînée de la famille qui a pris la décision, à l’âge de 16 ans, de reprendre l’entreprise dans ces nouvelles conditions. Son petit frère Charles, âgé de 12 ans, est autiste, et le cadet, Christopher, a 9 ans. Ils ne savent donc pas encore s’ils souhaiteront un jour travailler au sein de l’exploitation familiale. 

Relève féminine

Même s’il n’est seul propriétaire de la ferme que depuis 2008, Christian Vigneault réfléchit déjà à la relève de l’entreprise pour en assurer la pérennité. C’est sa fille Catherine, âgée de 16 ans, qui devrait reprendre l’exploitation après ses études en gestion et technologies d’entreprise agricole. « Catherine a du leadership. Elle aide beaucoup à la ferme et m’appuie énormément. Elle est à sa place et possède les qualités d’une bonne entrepreneure », fait savoir son père. La jeune fille est déjà la principale responsable de la gestion du troupeau et taille elle-même les sabots des vaches. 

Marie-Pascale Fortier, collaboration spéciale