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Le fondateur de l’entreprise familiale, Jacques McIsaac, compte passer les rênes du Ricaneux prochainement à sa fille Nathalie. Crédit photos : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Le fondateur de l’entreprise familiale, Jacques McIsaac, compte passer les rênes du Ricaneux prochainement à sa fille Nathalie. Crédit photos : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Amener le Ricaneux en épicerie, la nouvelle mission des McIsaac

SAINT-CHARLES-DE-BELLECHASSE — En décembre 2016, les membres de la famille McIsaac ont lancé un cri de joie. Comme tous les producteurs d’alcools artisanaux de la province, ils pouvaient enfin vendre leurs produits en épicerie.

Un nouveau tournant pour les copropriétaires du Ricaneux, Nathalie et son père Jacques, qui cultivent des petits fruits et les transforment en alcools depuis plus de 30 ans.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Nathalie a toujours vu son père Jacques fabriquer des alcools maison. En 1988, le fondateur du Ricaneux a compris l’importance de la transformation, lorsque sur les étals, les « grosses » framboises congelées de Pologne faisaient concurrence à sa production. « Ce n’est pas avec la production primaire que l’on fait de l’argent, c’est en la transformant. À l’époque, on faisait rire de nous », mentionne M. McIsaac. Aujourd’hui, l’entreprise produit sept alcools, deux vinaigres et un confit d’oignons. De plus, elle récolte 4,5 ha de fraises, de framboises et de sureaux.

Nathalie McIsaac entame sa 10e année dans l’entreprise familiale. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Nathalie McIsaac entame sa 10e année dans l’entreprise familiale. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Transfert

« L’actionnariat est 100 % familial, mais je suis la seule qui travaille à temps plein à la ferme », explique Nathalie. La famille McIsaac étudie les différents scénarios permettant à cette mère de famille monoparentale de devenir l’actionnaire majoritaire de la compagnie. D’ailleurs, ses deux garçons de 15 et 18 ans travaillent à la ferme l’été, mais elle ne leur met aucune pression pour qu’ils prennent la relève. « On verra pour la suite s’ils s’impliquent ou pas. Ils sont là encore pour quelques années », indique la propriétaire, qui entrevoit tout de même la possibilité que la 3e génération lui succède au Ricaneux.

Épiceries

En attendant le transfert, le « défi de l’heure » est de trouver la façon de percer le marché des épiceries. Selon les propriétaires, rien n’est gagné puisque la démarche qui permet d’y accéder est différente de celle destinée à vendre ses produits à la SAQ ou dans les restaurants, et à leur connaissance, il n’existe aucune formation à ce sujet. « C’est notre premier client qui a décidé de nous accompagner dans nos démarches, indique Nathalie. Il sait qu’on démarre dans ce domaine-là et il nous aide. » Qu’à cela ne tienne, le potentiel de croissance est là. On a accru la production 2016 de petits fruits pour avoir un volume plus important et anticiper la vente en épicerie. « En ajustant l’équipement, on a la capacité d’augmenter notre production de 75 000 à 100 000 litres », dit Jacques. En attendant, l’entreprise a reçu une subvention pour rendre son image de marque plus attrayante et cherche activement un représentant qui pourra sillonner les quatre coins de la province.

Le Ricaneux

Vous vous demandez probablement qui est le ricaneux et pourquoi on le surnomme ainsi? Au moment de faire les premiers essais de ce produit, le fondateur de l’entreprise, Jacques McIsaac, raconte avoir travaillé dans la cave qui contenait des alcools de fraises et de framboises. « Pour ajuster le mélange entre les deux sortes d’alcools, il fallait goûter à l’un, puis à l’autre, et recommencer. À un moment donné, je me suis rendu compte que j’avais un fou rire et que j’avais de la difficulté à remonter de la cave », explique Jacques avec le sourire. « Comme je dis toujours, c’est au 2e verre que tu comprends pourquoi ça s’appelle le Ricaneux. »