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À tous les 14 m, les chercheurs de l’IRDA ont accroché des trichocartes aux feuilles de maïs sucré dans le champ de M. Laflamme. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

À tous les 14 m, les chercheurs de l’IRDA ont accroché des trichocartes aux feuilles de maïs sucré dans le champ de M. Laflamme. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Maïs sucré : tester les trichogrammes à grande échelle

SAINT-DAMASE — C’est une première. Pour réduire l’usage des pesticides contre la pyrale, le plus grand ravageur du maïs sucré, Spécialités Lassonde, en partenariat avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), teste l’utilisation à grande échelle de trichogrammes. L’objectif : faire de cette solution écologique un choix rentable pour le secteur de la transformation.  

Réduire les coûts

Le 27 juillet, cinq intervenants de l’IRDA ont accroché 49 pochettes (trichocartes) contenant des trichogrammes dans le champ de Sylvain Laflamme, partenaire de Spécialités Lassonde. Habituellement, le lâcher des insectes s’effectue une fois par semaine, mais pour réduire les coûts afin de les rendre comparables à ceux d’un traitement insecticide, le transformateur teste la pose de trichocartes tous les 10 jours sur les 8,5 ha à l’essai. « On baisse les populations, on baisse le nombre d’introductions et on [les espace dans le temps], explique le directeur agricole des Spécialités Lassonde, Vincent Giasson. C’est comme ça qu’on arrive à abaisser la facture globale. » En 2014-2015, un projet de recherche lancé par le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) s’était avéré viable malgré l’abaissement des populations. Par contre, M. Giasson émet certaines réserves : « il faut être conscient que dans des secteurs où l’activité de la pyrale serait très forte, probablement qu’à trois introductions, on ne pourrait pas y arriver. »

Aide financière

Une première cohorte d’insectes émergera de la pochette 24 h après la pose, puis une deuxième fera son apparition trois ou quatre jours plus tard. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Une première cohorte d’insectes émergera de la pochette 24 h après la pose, puis une deuxième fera son apparition trois ou quatre jours plus tard. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Rappelons que le ministère de l’Agriculture a pour objectif de doubler le nombre de producteurs ayant recours aux trichogrammes et les superficies traitées. Une aide financière et technique est proposée aux producteurs dans le cadre du programme Prime-Vert jusqu’en mars 2018, une démarche saluée par la Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation.

« Avec 52 nouveaux producteurs cette année et près de 400 nouveaux hectares, on a atteint 50 % de l’objectif », explique l’attachée de recherche et assistante du projet porté par l’IRDA, Audrey Charbonneau. À terme, en 2019, 200 fermes cultivant du maïs sucré frais et de transformation devraient utiliser les trichogrammes, sur un total de 1 600 ha.

Lâchers par drones

En 2016, un projet de recherche lancé par le CÉROM et l’IRDA a permis d’introduire les trichogrammes à l’aide d’un drone. « [La chercheuse] Josée Boisclair pensait que si on pouvait remplacer l’humain par le drone au lieu de faire une application de trichocartes au champ manuellement, ça pourrait être une option intéressante et rentable », indique le directeur agricole des Spécialités Lassonde, Vincent Giasson. Le projet, qui a débuté sur parcelles en 2016, se poursuit en 2017 dans des fermes commerciales. Lassonde teste actuellement cette solution sur 4 ha. « Ça demande moins de travail pour la préparation des trichogrammes et moins de travail au champ pour l’épandage. On viendrait ouvrir une voie d’accès à très, très grande échelle avec le drone », indique M. Giasson, qui n’exclut pas la possibilité de traiter la totalité des champs de Spécialités Lassonde à moyen terme.