Des producteurs mis au défi de réduire leur usage de pesticides

Plus d’une centaine de producteurs participent actuellement à un projet-pilote du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) afin de réduire de 25 % les risques potentiels pour la santé et l’environnement à leur ferme, le plus souvent liés à l’utilisation de certains pesticides conventionnels.

Depuis janvier, 127 producteurs de grandes cultures en Montérégie et 22 producteurs en horticulture– dont une douzaine de pomiculteurs – des Laurentides se sont lancés dans ce défi pour les trois prochaines années. 

Ces volontaires ne seront évidemment pas laissés à eux-mêmes. Des conseillers agricoles du MAPAQ feront des évaluations auprès des entreprises concernées, qui devront d’abord calculer les indices de risque présents sur leurs terres, explique Yvan Faucher, conseiller en grandes cultures à la direction régionale de la Montérégie.

Ensuite, chaque producteur aura droit à un plan d’action personnalisé qui l’aidera à atteindre ses objectifs. « C’est très global comme projet. On veut voir si cette façon de faire va entraîner une véritable réduction des indices de risque », souligne l’agronome. Plusieurs facteurs peuvent influencer la bonne gestion des pesticides à la ferme, tels que l’entreposage ou encore le pulvérisateur utilisé.

Mais il n’en demeure pas moins que le choix du produit est un élément crucial, surtout s’il constitue un indice de risque élevé – comme c’est le cas pour l’atrazine. « Si on l’enlève, on peut réduire considérablement les risques », fait savoir M. Faucher. Toutefois, ce dernier se fait rassurant auprès des agriculteurs, mentionnant que l’objectif n’est pas d’affecter les cultures et le contrôle des mauvaises herbes. 

Selon M. Faucher, les producteurs sont de plus en plus sensibilisés à la phytoprotection, qui vise à développer de nouvelles approches de lutte aux ennemis naturels. Lors de la journée de formation, des représentants agrochimiques et des agronomes affiliés à des services-conseils ont également répondu à l’appel pour s’informer sur le projet. 

Incitatifs

Les producteurs participants peuvent recevoir jusqu’à 1 000 $ pour les deux premières années et 2 000 $ pour la troisième année afin de compenser le temps investi dans le projet. Ils ont droit également à une aide pouvant atteindre 2 500 $ la première année et 1 700 $ les deux années suivantes pour la mise en œuvre du plan de réduction des risques des pesticides. 

Et pour l’occasion, le réseau Agriconseils finance ses services à 90 % pour les producteurs impliqués. Le soutien financier obtenu à la fin du projet sera modulé en fonction du taux le plus élevé de réduction des risques des pesticides atteint par l’entreprise à l’année 2 ou 3 du projet.