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Éradiquer la pyrale du maïs requiert jusqu’à quatre applications de pesticides chimiques par année. Crédit photo: Gracieuseté d’Annie-Ève Gagnon

Éradiquer la pyrale du maïs requiert jusqu’à quatre applications de pesticides chimiques par année. Crédit photo: Gracieuseté d’Annie-Ève Gagnon

Petit coup de pouce pour l’utilisation des trichogrammes 

Doubler la superficie ou le nombre de producteurs qui ont recours aux trichogrammes pour lutter contre la pyrale du maïs sucré, c’est l’objectif que s’est donné le ministère de l’Agriculture pour réduire l’usage des pesticides.

Une aide financière et technique est proposée aux producteurs dans le cadre du programme Prime-Vert depuis quelques semaines. « C’est un bon début, mais le montant offert n’est pas suffisant pour les producteurs de maïs sucré de transformation », indique la responsable du dossier à la Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation (FQPFLT), Myriam Gagnon.

Aide à deux volets

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) propose de couvrir 70 % des coûts d’achat des trichogrammes jusqu’à un maximum de 5 000 $, à condition de détenir un plan d’accompagnement agroenvironnemental. Selon Myriam Gagnon, cette somme permettrait à une entreprise d’installer des pochettes contenant des trichogrammes sur une trentaine d’hectares. « C’est bon pour le bio et pour le maïs sucré frais, mais pas pour le maïs de transformation, qui exige de plus grandes superficies », ajoute cette dernière.

Le fournisseur des pochettes de trichogrammes, Stéphane Dupuis de Para-Bio, n’est pas du même avis : selon lui, l’incitatif est intéressant et suffisant pour couvrir les superficies en culture au Québec. D’ailleurs, sur le terrain, ses clients producteurs trouvent le programme « très satisfaisant ».

Le deuxième volet du programme s’adresse aux producteurs de maïs sucré n’ayant jamais utilisé de trichogrammes pour contrôler la pyrale, ou encore à ceux qui veulent les réutiliser, mais sur de nouvelles superficies. Les coûts liés au soutien technique seront entièrement payés par le MAPAQ.

Simple d’utilisation

À première vue, le temps, la main-d’œuvre et les investissements nécessaires pour installer les 49 pochettes par hectare dans les champs pourraient freiner les producteurs intéressés par l’utilisation des trichogrammes. « Mais ce n’est pas compliqué, insiste Mme Gagnon, à la limite un enfant de 10 ans peut le faire alors que pour le pesticide, c’est plus contraignant. » 

Les producteurs n’auront pas le choix de s’adapter, puisque la réduction de l’utilisation des pesticides est « bonne pour le marketing » des deux grands transformateurs de maïs sucré Bonduelle et Lassonde, qui ont d’ailleurs décidé de s’impliquer dans un projet visant à favoriser l’utilisation des trichogrammes par les producteurs.

Bien caché sur la Toile

Bien que l’objectif soit de doubler la superficie ou le nombre de producteurs utilisant les trichogrammes, l’information concernant l’aide financière est difficile à trouver sur la Toile. Taper les mots clés « pyrale du maïs », « trichogrammes », « Prime-Vert » et « aide financière » dans le moteur de recherche Google ne permet pas de faire apparaître le formulaire d’inscription au programme. Celui-ci ne figure pas non plus sur le site du MAPAQ de la page « Prime-Vert – Volet 1, Interventions en agroenvironnement par une exploitation agricole; interventions admissibles à une aide financière ».

Les producteurs de maïs sucré intéressés doivent communiquer avec leur conseiller agricole ou leur direction régionale du MAPAQ, écrit la coordonnatrice de la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture, Marie-Hélène April, dans la dernière publication de l’Association des producteurs maraîchers du Québec.

Il est également à noter que l’achat des trichogrammes doit être effectué après la demande et que cette dernière sera renouvelable à la saison 2018.