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En 2019, Olymel avait transformé ses usines pour augmenter ses exportations de porc réfrigéré sur le marché japonais, où ce produit était prisé pour sa qualité. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

En 2019, Olymel avait transformé ses usines pour augmenter ses exportations de porc réfrigéré sur le marché japonais, où ce produit était prisé pour sa qualité. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

Les concurrents d’Olymel gagnent du terrain

Le transformateur Olymel, acheteur d’environ 80 % de la production de porc québécois, est en perte de vitesse par rapport à ses principaux concurrents nord-américains.

« Ce n’est pas qu’on devient moins bons; ce sont les autres qui deviennent meilleurs », a déclaré Yvan Brodeur, vice-président de l’approvisionnement chez Olymel devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ), le 14 juillet. Celle-ci tenait une séance d’évaluation périodique qui permet à chaque intervenant de la filière, dont les Éleveurs de porcs du Québec et les transformateurs, de faire le bilan de leurs activités pour établir un portrait-diagnostic de l’industrie.

Dans sa réponse, M. Brodeur faisait référence à la perte de parts de marché d’Olymel au Japon, qui a longtemps été une chasse gardée du transformateur pour vendre ses produits de porc réfrigéré (chilled) dans des emballages sous vide, qui se distinguaient entre autres par leur qualité supérieure par rapport aux produits américains. Or, les producteurs américains se seraient progressivement rattrapés sur ce plan, a révélé M. Brodeur. « Ils ont développé des installations qui leur permettent de produire du porc chilled en plus grande quantité et de manière standardisée, avec une qualité qui est maintenant équivalente à la nôtre. Avec leur taille, ils peuvent avoir un rapport de force qu’on ne peut pas avoir. Ils offrent un produit similaire à meilleur prix », a-t-il expliqué devant la Régie.

Olymel juge que cette nouvelle concurrence des ­États-Unis constitue également un risque sur le marché local, car « à prix égal, les grandes chaînes d­’épicerie vont préférer le porc québécois, mais s’il y a un trop grand écart de prix, elles iront vers le porc américain », craint M. Brodeur.

Réduction de l’écart avec l’Ontario

À l’échelle canadienne, le Québec est également talonné par l’Ontario, qui gagne progressivement des parts de marché. D’après des données fournies par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de ­l’Alimentation du Québec (MAPAQ) à la RMAAQ le 14 juillet, la province est encore le leader de l’industrie au pays, avec 32 % des recettes générées à l’échelle canadienne. Or, l’Ontario produit aujourd’hui 28 % des recettes, avec une progression de sa production porcine de 2,4 % depuis 2011. Pendant la même période, la production québécoise a plutôt régressé de 0,7 %.

Le bénéfice net moyen des entreprises porcines québécoises a par ailleurs été inférieur à celui des entreprises porcines ontariennes entre 2016 à 2020, rapporte le MAPAQ. Cet écart s’explique par « de moindres revenus liés aux cultures, un manque d’investissement dans les bâtiments, la plus petite taille des fermes qui nuit à l’efficacité du travail et un coût de ­l’alimentation plus élevé du côté québécois », a ­énuméré le ministère. 

Le porc chilled sur les tablettes cet automne

L’équivalent des produits de porc réfrigéré (chilled) vendus sur le marché japonais sera en vente au Québec cet automne. « La plupart des chaînes nous ont dit qu’elles mettraient le produit sur leurs tablettes. Ce sera important pour vendre davantage de porc sur le marché québécois », a souligné Yvan Brodeur. Ces produits de marque Olymel emballés sous vide ont une durée de vie prolongée et seront offerts dans différentes coupes, dont des demi-longes de porc désossées, des filets et des côtes levées. Le logo « Porc du Québec » sera apposé sur l’emballage, a spécifié M. Brodeur.