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L’agronome Élisabeth Vachon a présenté les résultats d’une étude réalisée chez des producteurs québécois, qui révèlent que la culture sous régie biologique est la plus rentable pour les producteurs de blé. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

L’agronome Élisabeth Vachon a présenté les résultats d’une étude réalisée chez des producteurs québécois, qui révèlent que la culture sous régie biologique est la plus rentable pour les producteurs de blé. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

Les agriculteurs font de meilleures marges avec le bio

DRUMMONDVILLE — Une étude réalisée pendant trois ans au sein d’une trentaine de fermes québécoises réparties dans sept régions conclut que le blé sous régie biologique rapporte de meilleures marges à l’hectare que les autres régies de cultures.

Le blé semé à l’automne et cultivé sous régie biologique a offert en moyenne aux agriculteurs des rendements de 3,2 t/ha et s’est vendu entre 525 $ et 575 $/t pour des marges nettes de 1 343 $/ha, soit le double des marges obtenues par les producteurs de blé sous régie conventionnelle. De fait, ces derniers ont atteint de meilleurs rendements que les biologiques avec 4,3 t/ha, mais le coût des intrants et le prix moindre qu’ils ont reçu pour leurs récoltes (entre 220 $ et 255 $/t) ont engendré des marges plus faibles de 657 $/ha.

L’étude, qui a compilé les résultats de récoltes de 2013, 2014 et 2015, a aussi comparé d’autres modes de production. À cet égard, l’agriculture raisonnée, basée sur une utilisation réduite de pesticides et d’engrais chimiques, a enregistré des rendements de 3,7 t/ha et des marges de 715 $/ha pour le blé d’automne. Le mode de régie intensive, qui requiert une dose d’engrais plus élevée, des raccourcisseurs de paille et deux traitements de fongicides, a généré les meilleurs rendements avec 4,5 t/ha, mais les pires marges avec 451 $/ha.

Bref, en ce qui concerne les marges de profit, le bio remporte la palme, suivi de l’agriculture raisonnée, de la conventionnelle et de l’intensive. Le classement est le même pour le blé semé au printemps, quoique le bio domine ici légèrement moins.

Concernant le volet écologique, le biologique a produit 50 % moins d’émissions de gaz à effets de serre (GES) à l’hectare, comparativement aux autres modes de production. Cela est principalement dû à l’absence d’engrais chimiques, dont la fabrication et la livraison nécessitent une forte quantité d’énergie. L’agriculture raisonnée, la conventionnelle et l’intensive ont généré des émissions similaires.

Par contre, en ce qui a trait aux indicateurs de risques pour l’environnement et la santé, les résultats sont nettement différents. Ceux-ci révèlent que la régie biologique entraîne le moins de risques pour l’environnement et la santé, tandis que l’agriculture raisonnée représente des risques pratiquement deux fois moindres que la régie conventionnelle. Celle qui comporte le plus de risques est l’agriculture intensive. « C’est très positif. Ça nous montre qu’avec l’agriculture raisonnée, les producteurs peuvent diminuer l’impact des pesticides sans nuire à leurs résultats financiers », note l’agronome Élisabeth Vachon, qui a dévoilé les résultats le 24 mars dernier à Drummondville.

Mentionnons que cette étude a été principalement financée par Les Moulins de Soulanges et La Meunerie Milanaise, tandis que l’analyse d’écoefficience et de la production de GES a été effectuée par l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement.