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La ministre du Commerce Chrystia Freeland dit vouloir défendre avec « enthousiasme » l’industrie laitière canadienne. Crédit photo : Archives/OMC.

La ministre du Commerce Chrystia Freeland dit vouloir défendre avec « enthousiasme » l’industrie laitière canadienne. Crédit photo : Archives/OMC.

L’entente du lait attaquée par des groupes étrangers

Des groupes laitiers étrangers, notamment en Nouvelle-Zélande, demandent à leurs pays respectifs de déposer une plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour faire invalider l’entente entre les industriels et les producteurs laitiers du Canada.

Les groupes en question proviennent également d’Australie, des États-Unis, d’Europe et du Mexique. Ils accusent le Canada de manquer à ses obligations commerciales en voulant déplacer des produits laitiers étrangers au profit des produits canadiens.

Interrogée sur cette question en téléconférence de presse depuis l’Allemagne, la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, s’est voulue rassurante. « Il n’y a pas encore de plainte à l’OMC et la politique n’est pas encore en place », a commenté la ministre. Chrystia Freeland s’est toutefois dissociée un peu de l’entente industrie-producteurs en disant que c’était une « initiative dirigée par l’industrie ». La ministre du Commerce a ajouté que c’était son travail de soutenir l’industrie laitière du pays et qu’elle continuerait de le faire avec « enthousiasme ». Chrystia Freeland est actuellement en Allemagne et en Europe pour augmenter les chances de ratification de l’Accord économique et commercial global (AECG).

Pas une surprise

L’éventuelle contestation de l’entente intervenue avec les transformateurs ne surprend guère les Producteurs de lait du Québec. Le président, Bruno Letendre, admet d’entrée de jeu qu’il aurait plutôt été surpris du contraire étant donné la transparence ayant suivi la conclusion de l’entente. S’il entend prendre la menace au sérieux, il se demande comment justifier pareille intervention devant l’OMC du fait que l’encre ayant servi à rédiger l’entente n’est pas encore sèche.

« Comment est-il possible d’évaluer un dommage quand l’entente n’est pas encore en vigueur? » demande-t-il, un brin railleur.

Rappelons que l’entente entre l’industrie laitière et les producteurs de lait prévoit qu’une classe de lait serait vendue à un prix mondial pour la transformation. Tous les détails de l’entente ne sont pas encore publics puisque les producteurs doivent encore l’approuver. Il est donc encore trop tôt pour savoir si des dispositions précises de l’entente contreviennent aux règles de l’OMC ou à celles de l’ALENA. Ces accords de commerce prévoient que le Canada peut conserver sa gestion de l’offre. Quant au Partenariat transpacifique (PTP), il n’est pas encore ratifié et le climat protectionniste aux États-Unis rend la chose incertaine.

Plus de détails dans l’édition du 27 septembre de La Terre de chez nous.

Avec la collaboration de Pierre-Yvon Bégin