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Le monde du rodéo et ses blessures

Simon Pelosse est un jeune cowboy de la relève. Caro-Lyne Blais est la seule infirmière de rodéo au Québec. Les deux passionnés ont discuté de rodéo au micro de l’animateur Vincent Cauchy dans le plus récent épisode du balado Le son de la Terre

Q  Quand on pense aux rodéos, on pense souvent à la monte du taureau sauvage, du cheval sans selle ou encore l’attrapé du bouvillon, mais c’est bien plus que ça, non?

R  Simon : Il y a plusieurs disciplines. J’aime faire la comparaison avec quelque chose comme l’athlétisme, mais avec des chevaux. Mon épreuve, les tours de ring, c’est un peu comme le sprint. Il y a le sauvetage, l’échange de cavalier et à certains rodéos, il y a le poney express. […] Pour le poney express, il y a un cavalier sur le cheval, un autre qui embarque entre les deux pôles et quand on arrive à l’échange, il y en a un qui débarque et un autre qui embarque pour terminer la course. Tu as 40 pieds pour embarquer sur un cheval qui court entre 40 et 50 km/h. Et c’est là que le travail de Caro-Lyne devient important puisqu’elle est là, au cœur de l’action, avec nous, et les blessures arrivent vite.

Q  Comment ça fonctionne, le choix d’une équipe médicale pour un rodéo?

R Caro-Lyne : Chaque festival se doit d’avoir une équipe médicale sur place. La plupart du temps, ce sont des premiers répondants, des paramédics ou même des gens de la place qui ont leurs cours de premiers soins et qui se montent une petite équipe. Des infirmières comme moi, il n’y en a pas d’autres.

Q Votre première participation à un rodéo, c’était comment?

R  Caro-Lyne : C’était en 2013, ma première saison. Il a vraiment fallu que je fasse ma place. Au début, les gens ne voulaient rien savoir de moi. Mais il suffit d’avoir un « bon blessé », de l’aider et de se faire voir par les autres. […] Je me souviens de ce premier « bon blessé ». C’était à Princeville. J’ai dit à mon amie qui m’accompagnait que ça prendrait une bonne dislocation d’épaule, quelque chose que je pourrais replacer. En cinq minutes, c’était fait!

R Simon : À ma deuxième performance à vie l’an dernier, j’étais vraiment stressé. C’était au mont Sainte-Anne, devant une foule de 2 000 ou 3 000 personnes. J’étais au bout du manège, je me vire et j’aperçois ma grosse face sur un écran géant. Ça déconcentre vraiment! Mais plus tu en fais, plus ça se place. Tu finis par te dire que tu t’en vas faire une job et tu la fais.

Q Est-ce que les blessures dans un rodéo s’apparentent à d’autres blessures sportives?

R  Caro-Lyne : En 8 saisons de rodéo, j’ai vu des affaires que je n’ai pas vu en 30 ans dans le monde du football. Dans quel autre sport est-ce que tu peux te faire piler sur la poitrine par un animal qui pèse 2 000 livres? C’est le même genre de blessure qu’au football, mais il y a la composante animale qui est ajoutée. […] Maintenant, la majorité des gens n’hésitent pas à venir me voir, même si les cowboys et les cowgirls, c’est une classe à part de monde tough.

Q Les rodéos ont longtemps été un environnement essentiellement masculin. Qu’en est-il aujourd’hui, en 2022?

R  Simon : Ça s’améliore. Il y en a de plus en plus qui commencent à s’intéresser au rough stock [c’est-à-dire la monte de taureaux et de chevaux sauvages avec ou sans selle]. Pendant un certain temps, les femmes n’étaient même pas autorisées à participer à ce genre d’épreuves. Aux États-Unis, TikTok et Instagram contribuent vraiment à l’essor et à la popularisation du sport chez les jeunes femmes.

R  Caro-Lyne : De mon côté, je ne crois pas que l’engouement des femmes pour les épreuves de rough stock va vraiment changer. Cependant, dans des épreuves comme les barils, les filles sont assises sur des bombes, ce n’est pas n’importe qui qui peut faire ça.

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Écoutez l’entrevue complète au laterre.ca/balado pour en savoir plus sur les coûts pour participer aux rodéos, les étés chargés, la vie familiale et bien plus.