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Le Guide de référence en fertilisation, sur lequel sont basées la réglementation québécoise et les recommandations des agronomes, entre en processus de révision cet automne. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Le Guide de référence en fertilisation, sur lequel sont basées la réglementation québécoise et les recommandations des agronomes, entre en processus de révision cet automne. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’azote au centre d’un différend québécois dans un journal américain

Trois agronomes du ministère de l’Agriculture du Québec et un chercheur de l’Université Laval critiquent une étude publiée par Lucie Kablan, de La Coop fédérée, qui suggère de hausser les quantités recommandées d’apports d’azote dans le maïs.

L’histoire n’est pas banale. D’une part, parce que l’étude de Mme Kablan a paru dans le prestigieux Agronomy Journal en 2017 et avait même été l’un des articles scientifiques les plus téléchargés et, d’autre part, parce que cette divergence d’opinions survient juste avant que ne débute la révision des grilles québécoises de référence en fertilisation.

11 critiques

L’agronome et chercheur Gilles Tremblay

L’agronome et chercheur Gilles Tremblay

Après avoir réalisé des essais dans des champs de la Montérégie, la chercheuse Lucie Kablan a conclu que la dose économique optimale d’azote de 170 kg par hectare devrait être revue à la hausse, notamment dans les champs à haut potentiel et lors des semis hâtifs.

L’Agronomy Journal a publié en août la lettre des quatre spécialistes québécois pour signifier que cette étude présentait une interprétation biaisée, des conclusions trompeuses et des éléments méthodologiques manquants. « On a révisé la méthodologie et, selon nous, il y a des lacunes et des trous majeurs. Par exemple, la chercheuse mentionne que les semis hâtifs [avant le 12 mai] donnent plus de rendement quand il y a eu plus d’azote. Ce n’est pas fondé, car ses essais de semis hâtifs ou tardifs n’ont pas été faits la même année. Ce n’était donc pas dans les mêmes conditions », fait valoir le chercheur Gilles Tremblay, qui a cosigné la lettre qui dressait un total de 11 critiques.  

À ces critiques, Lucie Kablan et son équipe de La Coop fédérée se sont justifiées par une série de contre-arguments également publiés par le journal scientifique, mais ont refusé d’accorder une entrevue à La Terre.

Grilles de référence

Le Guide de référence en fertilisation, sur lequel sont basées la réglementation québécoise et les recommandations des agronomes, entre en processus de révision cet automne.

Les recommandations actuelles de 120 à 170 kg d’azote à l’hectare suscitent beaucoup de discussions entre les spécialistes. Une augmentation des quantités recommandées pour certaines cultures de maïs, comme le suggère la chercheuse de La Coop fédérée, entraînerait une hausse de l’emploi d’engrais. Gilles Tremblay martèle qu’un excès d’azote constitue une dépense inutile en plus de représenter un risque de contamination de l’air et de l’eau. Il convient par contre qu’un manque d’azote peut occasionner une baisse de rendement.

La chercheuse Lucie Kablan conclu à partir de de son étude scientifique qu’il faut revoir à la hausse les recommandations d’azote dans le maïs pour plusieurs champs à haut potentiel.

La chercheuse Lucie Kablan conclu à partir de de son étude scientifique qu’il faut revoir à la hausse les recommandations d’azote dans le maïs pour plusieurs champs à haut potentiel.

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