fbpx
« C’est un projet de retraite, une deuxième vie », affirme Raymond Métayer, passionné de la production laitière et fromagère établi à Saint-Cyprien-de-Napierville, en Montérégie. Photo : Julie Mercier/TCN

« C’est un projet de retraite, une deuxième vie », affirme Raymond Métayer, passionné de la production laitière et fromagère établi à Saint-Cyprien-de-Napierville, en Montérégie. Photo : Julie Mercier/TCN

Un fromager inspiré par l’histoire de son village

SAINT-CYPRIEN-DE-NAPIERVILLE — Pour le fromager Raymond Métayer, l’histoire de son village d’adoption en Montérégie représente une source intarissable d’inspiration pour la création de ses produits.

Contrôleur laitier pendant 35 ans chez Valacta, Raymond Métayer chérissait l’idée de profiter de sa retraite pour passer de l’autre côté de la clôture. « Pendant ma carrière, j’ai visité beaucoup de troupeaux de producteurs qui transformaient eux-mêmes leur lait. Je trouvais formidable de prendre une matière première et d’en faire un produit fini », raconte l’artisan fromager.

Après une formation à l’Institut de technologie agroalimentaire, Raymond Métayer « apprend sur le tas » son nouveau métier, les soirs et les fins de semaine, à la Fromagerie du Ruban bleu. Puis, le joyeux retraité choisit d’établir sa fromagerie à Saint-Cyprien-de-Napierville, le village natal de son épouse Chantal, où le couple réside depuis plus de 40 ans.

Les activités fromagères débutent en 2012. L’artisan puise son inspiration dans l’histoire même de Saint-Cyprien. Ainsi, sa première création, le Samson d’ici, célèbre l’homme fort Louis Cyr, originaire du village et surnommé le « Samson canadien ». Ce fromage à pâte semi-ferme, qui s’inspire du reblochon français, a d’ailleurs été finaliste pour un prix Caseus en 2014.

Une autre spécialité de la Fromagerie Le Métayer, L’Exil 1838, rappelle l’insurrection des Patriotes, qui ont été battus par l’armée britannique à Napierville et ont été déportés vers d’autres colonies. Ce clin d’œil au passé de Saint-Cyprien a permis à beaucoup de clients de découvrir ce pan de l’histoire du patelin, souligne Raymond Métayer. La matière première provient des fermes de Saint-Cyprien et des villages alentour, et aucune substance laitière modifiée n’est ajoutée au cours de la transformation.

Lors du passage de La Terre, le sympathique fromager a reçu la visite-surprise de la réputée chef Helena Loureiro qui a fait le détour par Saint-Cyprien-de-Napierville pour le rencontrer. Photo : Julie Mercier / TCN

Lors du passage de La Terre, le sympathique fromager a reçu la visite-surprise de la réputée chef Helena Loureiro qui a fait le détour par Saint-Cyprien-de-Napierville pour le rencontrer. Photo : Julie Mercier / TCN

Grains de fierté

Pour les clients des casse-croûtes du village, le fromage « en crottes » Le Métayer n’a plus besoin de présentation. « C’est une fierté », souligne Josiane Roy, spécialiste en marketing alimentaire dont M. Métayer est le client « chouchou ». « Raymond est un artiste, un passionné qui prend le temps de parler de ses produits », ajoute-t-elle.

Ils sont nombreux durant la belle saison à s’arrêter à la boutique de la montée Douglass pour se procurer les grains à la texture élastique à souhait, alors que la population locale double grâce aux cinq campings du village.

Pour Mme Roy, les différents concours auxquels participe la fromagerie permettent aussi de « mettre sur la carte » le village de Saint-Cyprien pour autre chose que les courses de drag [course automobile], plaisante-t-elle.

L’entreprise fait d’ailleurs partie du Circuit agrotouristique du Paysan. « C’est ma principale porte d’entrée », note Raymond Métayer. Les touristes de passage se mêlent aux habitués, qui connaissent les cinq employés, Kym, Marc-André, Claudia, Serge et Rébéka, par leur petit nom.