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Marcel Jobin a transformé une chambre de sa maison en un minimusée où sont exposés les souvenirs de ses 60 ans de carrière sportive. Photo : Bernard Lepage / TCN

Marcel Jobin a transformé une chambre de sa maison en un minimusée où sont exposés les souvenirs de ses 60 ans de carrière sportive. Photo : Bernard Lepage / TCN

Marcel Jobin, toujours fou de la marche

SAINT-BONIFACE — Parce que son nom est synonyme de marche olympique, il n’est pas étonnant que ce soit au détour d’une randonnée que Marcel Jobin soit tombé en amour avec le petit village de Saint-Boniface, en Mauricie.

« J’habitais à Shawinigan et de là, je faisais mon 20 km d’entraînement quotidien en marchant jusqu’à Saint-Boniface. J’ai vu cette maison avec une pancarte à vendre. Je me suis rapidement entendu avec le couple qui y demeurait. » C’était en 1969 et Marcel Jobin venait tout juste de s’initier à la discipline de la marche athlétique, un sport totalement inconnu à ce moment-là au Québec.

Au pic de sa carrière, Marcel Jobin marchait 160 km par semaine en guise d’entraînement. Photo : Gracieuseté de Marcel Jobin

Au pic de sa carrière, Marcel Jobin marchait 160 km par semaine en guise d’entraînement. Photo : Gracieuseté de Marcel Jobin

Toujours droit comme un chêne avec une poignée de main vigoureuse, il est aujourd’hui âgé de 77 ans. L’ancien olympien est né dans le petit village forestier de Parent, à près de 200 km au nord de La Tuque, en Haute-Mauricie. Sa famille a ensuite déménagé à Shawinigan où il a travaillé durant plus de 35 ans à l’aluminerie d’Alcan.

Au début des années 1970, le voisinage a commencé à le désigner comme le « fou en pyjama », un surnom qui entrera dans la légende. « Je faisais mes entraînements avec un survêtement de sport en coton ouaté et des espadrilles Adidas de couleur. Personne ne connaissait ça à l’époque, se rappelle Marcel Jobin. Comme la marche olympique nécessite qu’on se déplace en se déhanchant, ce n’était pas très beau à voir aller. C’est là que les gens ont commencé à m’appeler le “fou en pyjama”. Je n’aimais pas ça au début, mais j’ai fini par l’accepter. C’est même le titre de l’autobiographie que j’ai écrite en 1980. »

Celui qui a pris part aux Jeux olympiques de 1976 à Montréal et de 1984 à Los Angeles demeure toujours actif sur le plan sportif. Il a remporté deux médailles aux championnats du monde des Masters en Espagne en septembre dernier et il a récidivé en mars en Pologne en décrochant l’or aux 3 000 mètres.

Un grand Bonifacien

L’athlète finance en partie ses frais de voyage avec, entre autres, le Demi-marathon Marcel-Jobin. L’événement, qui en sera à sa 23e édition le 15 juin, se tient à Saint-Boniface, tout juste à côté de sa maison. Il a eu lieu dans le village voisin durant plusieurs années avant de déménager plus près en 2015. « J’en suis bien fier », affirme celui qui figure sur le site Web de la municipalité parmi les grands Bonifaciens. « Pour les gens de la place, je suis un peu comme le Fred Pellerin de Saint-Élie », remarque Marcel Jobin, qui marche encore ses 40 km par semaine. « Le dimanche, ils sont une vingtaine du village à m’accompagner. »

En dehors de sa passion, le septuagénaire s’implique dans les activités du club de l’âge d’or local tandis que sa conjointe Nicole a été durant 12 ans conseillère municipale. « Dans tous les endroits où je vais, je suis toujours fier de parler de Saint-Boniface », conclut l’ancien olympien. 

Bernard Lepage, collaboration spéciale.