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« Avoir le fleuve et la nature dans sa cour, il n’y a rien qui accote ça », croit la chanteuse Geneviève Jodoin, grande gagnante de l’émission La Voix en 2019. Photos : Frédéric Boudreault

« Avoir le fleuve et la nature dans sa cour, il n’y a rien qui accote ça », croit la chanteuse Geneviève Jodoin, grande gagnante de l’émission La Voix en 2019. Photos : Frédéric Boudreault

La plus connue des aubergistes

CHARLEVOIX — Sa victoire à l’émission La Voix a assurément fait de Geneviève Jodoin la plus connue des aubergistes du Québec. Quand s’éteignent les projecteurs et les caméras, c’est dans son coin de paradis terrestre de L’Isle-aux-Coudres qu’elle respire le grand air du large, le regard rivé sur les côtes qui bordent le fleuve Saint-Laurent.

Quand on vit sur une île, le temps s’arrête, selon Geneviève Jodoin.

Quand on vit sur une île, le temps s’arrête, selon Geneviève Jodoin.

La chanteuse est née à Saint-Damase, en Montérégie, dans la région où poussent les pommes et le maïs. Elle est la cadette d’une famille de 10 enfants. Petite fille solitaire, elle aimait bricoler avec sa mère, jardiner et jouer dehors. « J’habitais au village, mais beaucoup de mes amis étaient des enfants d’agriculteurs dont les fermes longeaient la rivière Yamaska », raconte cette fille de camionneur.

Très tôt, en écoutant les vinyles de ses sœurs et de ses frères, Geneviève a compris que la musique était la seule activité dont elle ne se lassait jamais et est partie étudier le chant classique au Cégep de Drummondville avant de faire un baccalauréat en jazz à l’Université de Montréal, où elle s’est installée.

Geneviève Jodoin faisait déjà carrière en musique avant de remporter les honneurs de La Voix le printemps dernier. Elle avait entre autres été choriste à Belle et Bum, sorti trois albums et fait plusieurs tournées, notamment avec Marie-Pierre Arthur, en 2015.

Sur l’île pour rester

C’est un peu sur un coup de tête, il y a 6 ans, qu’elle a acheté l’Auberge La Fascine avec celui qui est son conjoint depuis 26 ans et dont les parents habitaient L’Isle-aux-Coudres. Le couple s’y est investi sans compter les heures : à distance, les deux premières années, et à temps complet depuis quatre ans. « On a appris sur le tas. J’ai occupé tous les postes, même celui de chef cuisinière », raconte la chanteuse.

Geneviève Jodoin n’a jamais regretté son choix et la vie d’insulaire lui convient très bien. Malgré le deuxième souffle exceptionnel donné à sa carrière artistique, elle ne compte pas quitter son île. L’esprit d’entraide et de communauté qu’elle y retrouve est trop important pour s’en séparer. « Je veux que nos enfants sachent d’où ils viennent, qu’ils aient un ancrage quelque part », dit-elle.

Geneviève est aussi la preuve que l’on peut mener une carrière artistique en vivant en région. « Au lieu de faire la file dans les artères congestionnées de Montréal, je la fais au grand air en attendant le traversier », raconte-t-elle.

L’artiste ne cache pas que le regard des gens sur elle a changé depuis l’émission et qu’ils sont plus nombreux à demander à la voir quand ils viennent à l’auberge. Les spectacles qu’elle y présente et ceux des autres artistes invités se vendent plus rapidement. « La Voix a créé un achalandage qui profite aussi à l’île et à toute la région de Charlevoix, se réjouit Geneviève Jodoin. Ce n’est que du -positif. »