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Les nouveaux producteurs maraîchers Mathieu Aubin et Tania Allard avec trois de leurs cinq employés : Nicolin Chaussé, Catherine Duval et Nicolas Abesque. Photo : Pierre Saint-Yves

Les nouveaux producteurs maraîchers Mathieu Aubin et Tania Allard avec trois de leurs cinq employés : Nicolin Chaussé, Catherine Duval et Nicolas Abesque. Photo : Pierre Saint-Yves

La gestion atypique des RH d’anciens restaurateurs

Les nouveaux producteurs agricoles Tania Allard et Mathieu Aubin ont choisi de miser gros sur la gestion des ressources humaines (RH) dès le moment où ils ont lancé leur ferme maraîchère Le Domaine du boisé à Louiseville, il y a un peu plus de deux ans.

« Pendant de nombreuses années, on a été propriétaires de plusieurs restos-bars à Montréal et on sait l’importance du personnel », explique Mathieu Aubin. En 2019, le couple décide de tourner la page sur la vie trépidante de la métropole pour s’installer dans la campagne mauricienne afin d’y exploiter une petite ferme maraîchère de 10 hectares, avec élevage de quelques animaux ainsi qu’une production d’œufs et de poulets. Les nouveaux propriétaires choisissent d’écouler leurs produits à la fois auprès de restaurateurs, en épicerie, dans les marchés publics et directement auprès des consommateurs sous forme de paniers hebdomadaires.

Dès le départ donc les deux producteurs disent avoir voulu éviter de reproduire le schéma des conditions de travail difficiles du milieu de la restauration, avec lequel ils étaient trop familiers, en développant une approche respectueuse du bien-être du personnel. Leur objectif était donc clair et pour l’atteindre, ils n’ont pas hésité à aller chercher des conseils auprès de professionnels, notamment ceux du Centre d’emploi agricole de leur région.

Trois principes déterminants

Ils ont misé sur trois principes qu’ils considèrent comme déterminants pour développer leur stratégie idéale : considérer la réalité des familles, s’assurer que l’entreprise est performante et offrir des conditions attrayantes pour les ­chercheurs d’emplois. Ainsi, ces trois principes servent d’assise aux bonnes pratiques appliquées dans l’entreprise avec la tenue d’une réunion quotidienne de travail, la production d’un manuel de l’employé, l’adoption de contrats de travail, l’application d’un horaire de huit heures par jour du lundi au vendredi avec un taux horaire de départ de 15 $ et… dix jours de vacances estivales. Ce sont là autant de mesures mises en place dans un souci de respect du bien-être des employés et de la conciliation travail-famille.

Ces principes ont d’ailleurs servi ­l’entreprise l’an dernier lorsque, dans les premiers mois de l’été pandémique, alors que de nombreux enfants étaient privés de camp de jour, les employés et leur progéniture ont pu installer leur roulotte à la ferme, assurant ainsi la disponibilité de la main-d’œuvre malgré les contraintes. Les propriétaires estiment que leur gestion des ressources humaines et leur organisation du travail permettent d’envisager des projets de développement, comme la construction de serres qui viendront s’ajouter au complexe de production de cannabis récréatif pour lequel les promoteurs sont en attente du permis de production de Santé Canada. Tous ces projets pourraient bien entraîner ­l’embauche de nouveaux employés.