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Jacob, à gauche sur la photo, s’implique déjà activement dans la ferme. Si tout se passe comme prévu, il devrait devenir la 5e génération de Côté à diriger l’entreprise familiale. Ses frères, Raphaël et Caleb Côté sont absents de la photo et ses parents, Mélanie Théberge et Frédéric Côté, sont ici à droite de la photo. Photo : Claude Fortin

Jacob, à gauche sur la photo, s’implique déjà activement dans la ferme. Si tout se passe comme prévu, il devrait devenir la 5e génération de Côté à diriger l’entreprise familiale. Ses frères, Raphaël et Caleb Côté sont absents de la photo et ses parents, Mélanie Théberge et Frédéric Côté, sont ici à droite de la photo. Photo : Claude Fortin

La bosse des affaires

STOKE – Simplifier les tâches, c’est ce qui semble la philosophie du couple formé de Mélanie Théberge et de Frédéric Côté, copropriétaires de la Ferme Descôtés depuis 2012. Avec 175 à 180 vaches en lactation, une gravière et des immeubles locatifs, le couple s’est donné les moyens de profiter un peu plus de la vie, grâce à l’automatisation. Mécaniser représente aussi une façon de rendre le travail plus agréable pour eux, mais aussi pour la relève qui manifeste déjà de l’intérêt.

Fiche technique :

Nom de la ferme : Ferme Descôtés

Spécialité : Production laitière

Année de fondation : 1898, par Jacob Côté. (Année de composition de la compagnie actuelle : 2006)

Noms des propriétaires : Frédéric Côté et Mélanie Théberge

Nombre de générations : 4

Superficie en culture : 283 hectares

Cheptel : 175 vaches en production

Frédéric Côté incarne la quatrième génération à la tête de l’entreprise familiale établie à Stoke depuis plus d’un siècle. « Celui qui a parti toute l’histoire, c’est Jacob, mon arrière-grand-père, en 1898. Après, il y a eu mon grand-père Gérard, mon père Marcel, et là, y a moi », raconte le producteur aux 175 vaches en lactation. « Je me suis associé avec mon père en 2001, et j’ai fini de racheter en 2007 », indique le costaud de 45 ans qui ajoute l’exploitation d’une carrière et la propriété d’immeubles à logements à son chapeau d’entrepreneur.

« On est partis de loin », reconnaît l’agriculteur, sous le regard intéressé de son fils de 18 ans, Jacob, qui porte le même prénom que son arrière-grand-père et dont l’intention de reprendre l’entreprise lorsque son tour viendra ne fait aucun doute. « Notre moyenne par vache était de 25 kilos environ, à l’époque. Là, on frôle le 40 kilos par vache », relate le père de Jacob, Raphaël et Caleb.

« Du temps de mon père, on gérait les fermes avec une autre mentalité. Il ne fallait pas que ça coûte cher, on pensait moins à ce que la ferme pouvait rapporter », raconte Frédéric Côté. « Y avait du travail à faire et il fallait qu’on le fasse sinon, on se serait fait sortir du marché », se rappelle-t-il en ajoutant que la marge bénéficiaire sur le lait diminue comme peau de chagrin depuis des années. Un coup de barre s’imposait pour améliorer la rentabilité de l’entreprise.

Automatiser

Le couple Côté-Théberge a installé trois premiers robots de traite en 2012 et un autre, 18 mois plus tard. « Des A2 usagés », souligne Frédéric Côté. « On ne voulait pas partir en fou », précise-t-il. Les robots libèrent du temps qui peut être consacré à autre chose, comme une régie plus fine des animaux, explique Mélanie Théberge, diplômée en santé animale, dont la qualité de vie s’est améliorée avec la mécanisation. « Au lieu de me lever à trois heures du matin, là, ma journée commence vers sept heures. Ça fait toute une différence », raconte la mère de trois garçons.

Avec le recul, l’investissement dans les robots se révèle d’autant plus judicieux que la relève se confirme chaque jour davantage pour le couple Côté-Théberge. Jacob vient tout juste de terminer sa formation en agriculture et en entreprend une autre, en mécanique agricole, manifestement rien pour l’éloigner de la ferme. « Travailler fort, c’est beau, mais quand tu sais que t’as de la relève, c’est motivant. Si tout se passe comme prévu, dit le père avec une fierté évidente, Jacob commencera à avoir des parts en 2024 ou 2025. Ce sera la 5e génération. »

La Ferme Descôtés possède 175 vaches en lactation. Sa production moyenne avoisine 40 kilos par vache, par jour. Photo : Claude Fortin

La Ferme Descôtés possède 175 vaches en lactation. Sa production moyenne avoisine 40 kilos par vache, par jour. Photo : Claude Fortin

Un p’tit quelque chose de vintage

Le vétérinaire Michel Charbonneau, de Sherbrooke, procède à un examen préventif sur une vache qui vient de vêler. Photo : Claude Fortin

Le vétérinaire Michel Charbonneau, de Sherbrooke, procède à un examen préventif sur une vache qui vient de vêler. Photo : Claude Fortin

Un coup d’oeil rapide dans l’entourage des vaches qui déambulent librement dans leurs larges enclos permet de constater la présence de taureaux, tous des purs-sangs, qui tournent autour des dames. Ici, oubliez l’insémination artificielle. À la Ferme Descôtés, la saillie se fait avec des taureaux de monte naturelle. Six mâles partagent l’espace avec les vaches en seconde lactation et plus alors que deux se trouvent avec les primipares et deux autres avec les taures de première saillie. « D’un point de vue pratique, l’insémination demande du travail. Les taureaux nous permettent d’économiser beaucoup de temps », explique Frédéric Côté.

Ce mode de reproduction présente tout de même quelques inconvénients. Il faut, par exemple, montrer plus de prudence quand on entre dans les cases. « Si on voit qu’un taureau montre des signes d’agressivité, on le sort tout de suite et on le remplace par un autre », prévient l’agriculteur. Les vaches doivent parfois aussi supporter l’ardeur un peu trop intense du mâle, ce qui augmente le risque de blessure.

Quoi qu’il en soit, même si l’insémination artificielle fait partie des plans de l’entreprise, rien ne semble presser. « On a moins de contrôle sur la conformité de la vache, mais ce qu’on voit, depuis les années qu’on utilise les taureaux pour la reproduction, c’est qu’on a un bon niveau de production », signale le producteur qui songe à introduire l’insémination des primipares d’ici deux ou trois ans afin de raffiner la génétique du troupeau.

Le bon coup de l’entreprise – Un achat judicieux

L’installation de robots d’alimentation [Vector], en juin 2021, constitue de loin le meilleur coup technologique de l’entreprise, soutient Frédéric Côté. « On n’a pas toujours réussi nos initiatives, mais dans ce cas-là, c’est du positif sur toute la ligne », dit-il.

Le robot occupe un bâtiment entier, attenant à l’étable. Le couple Côté-Théberge l’appelle « la cuisine », avec raison. C’est là que se trouvent les différents aliments qui composent la diète du troupeau. Une pince automatisée se déplace au-dessus du « garde-manger ». Elle sélectionne les différents aliments en fonction des quantités prévues à la ration des animaux et les verse dans le mélangeur qui distribuera la nourriture, guidé par un lecteur optique et une bande de métal fixée au sol de l’étable.

L’installation du robot d’alimentation, en juin 2021, représente l’une des meilleures décisions de l’entreprise, selon Frédéric Côté. Photo : Claude Fortin

L’installation du robot d’alimentation, en juin 2021, représente l’une des meilleures décisions de l’entreprise, selon Frédéric Côté. Photo : Claude Fortin

Encore une fois, l’automatisation permet une économie de temps importante au couple d’agriculteurs. Les avantages du robot vont cependant beaucoup plus loin, souligne Frédéric Côté. « Nos vaches circulent librement dans leur enclos », explique l’entrepreneur. « Dans un troupeau, il y a des vaches dominantes et d’autres soumises. Les dominantes se servent en premier et les soumises prennent ce qui reste », explique le producteur. « Avec le robot, comme les vaches sont alimentées souvent, elles ne se lèvent plus chaque fois pour aller à la mangeoire. Elles savent qu’il va y en avoir d’autres », raconte Frédéric Côté qui observe des gains dans toutes les facettes de sa régie. « On a un gain de performance au niveau de la production de lait par vache, du test de gras par vache et, même si on ne peut pas encore le quantifier, on a l’impression que nos vaches gagnent en fertilité aussi. »

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Claude Fortin, collaboration spéciale

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