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Le Partenariat transpacifique inquiète plus que l’ALENA

Alors que la 6e ronde de renégociation de l’ALENA ne devrait pas contenir d’avancées majeures sur le plan de la gestion de l’offre, l’imminence d’un nouveau Partenariat transpacifique (PTP) à 11 pays inquiète encore plus les producteurs sous gestion de l’offre.

« Il semble qu’ils n’ont pas changé les concessions [sur la gestion de l’offre dans le PTP] et ça nous fatigue pas mal », a commenté Pierre Lampron, président des Producteurs laitiers du Canada, en entrevue à La Terre.

« Je suis ravi d’annoncer aujourd’hui que le Canada et les dix autres membres restants du Partenariat transpacifique ont conclu à Tokyo, au Japon, les discussions relatives à un nouvel Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), a déclaré François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international du Canada. Selon certaines sources, la signature se ferait le 8 mars au Chili.

Ni le gouvernement du Canada ni le gouvernement du Québec n’ont été en mesure de préciser à La Terre si les concessions sur la gestion de l’offre du premier accord seraient retirées ou renégociées. Le ministère de l’Économie du Québec demeure « préoccupé » et « vigilant » sur cette question et l’Union des producteurs agricoles (UPA) demande carrément le retrait de ces concessions canadiennes.

L’accord initial a été déchiré par Donald Trump dans les premiers jours de son mandat. Ce document prévoyait une série d’ouvertures de marché supplémentaires sur le marché canadien de tous les produits de la gestion de l’offre. Ces concessions tenaient bien entendu compte du fait que les États-Unis étaient partie prenante du premier PTP, ce qui représentait un gain beaucoup plus important pour les exportateurs canadiens.

Les négociations pour le nouveau Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) se sont poursuivies en novembre au Vietnam. « Le PTPGP incorpore par référence les dispositions du PTP précédemment négocié, à l’exception d’un ensemble limité de dispositions qui seront suspendues du nouvel accord. Les parties ont établi une liste de quatre points spécifiques sur lesquels des progrès substantiels ont été réalisés, mais pour lesquels des discussions supplémentaires seront nécessaires jusqu’à ce qu’un accord final puisse être conclu », a expliqué Natasha Nystrom, porte-parole d’Affaires mondiales Canada, le 15 janvier. Cette dernière n’était cependant pas en mesure de préciser à La Terre si la gestion de l’offre faisait partie des sujets « suspendus » du futur accord ou des quatre sujets encore en négociation. Le gouvernement a toutefois publié l’annexe 2 des dispositions suspendues du PTPGP et des quatre éléments à finaliser. La gestion de l’offre n’en fait pas partie.

Interrogée à savoir si les concessions du PTPGP risquaient de s’additionner à celles qui pourraient être concédées dans l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la porte-parole du fédéral s’est voulue rassurante : « Le Canada a toujours défendu les intérêts du secteur [de la gestion de l’offre] dans toutes ses négociations commerciales, y compris dans les renégociations du PTPGP et de l’ALENA. »

ALENA

Selon diverses sources, la dernière journée officielle de pourparlers sur l’agriculture de la 6e ronde de renégociation de l’ALENA s’est terminée le 22 janvier à Montréal sans grandes avancées. Des discussions auraient néanmoins eu lieu sur l’inspection de la viande, les biotechnologies, les classes de lait et les formalités à la frontière. Cependant, rien de neuf n’a filtré sur la gestion de l’offre alors que le Canada maintiendrait son refus face aux demandes américaines qui mettraient fin à la gestion de l’offre sur 10 ans.