Les marchés du fromage, du beurre et de la poudre de lait seront sans doute les plus convoités par l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans le nouveau PTPGP. Crédit : Archives/TCN

Les marchés du fromage, du beurre et de la poudre de lait seront sans doute les plus convoités par l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans le nouveau PTPGP. Crédit : Archives/TCN

Partenariat transpacifique : la gestion de l’offre écope

Plusieurs sources le confirment, l’entente pour un nouveau Partenariat transpacifique (PTP) contient les mêmes concessions qu’en 2015 pour le secteur de la gestion de l’offre.

L’accord conclu à Tokyo le 23 janvier entre les 11 pays du Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) devrait donc concéder 3,25 % du marché des produits laitiers du Canada, 2,3 % pour les œufs, 2,1 % pour le poulet, 2 % pour le dindon et 1,5 % pour les œufs d’incubation de poulets de chair. Ottawa ne confirme toutefois pas officiellement ces chiffres malgré des demandes répétées de La Terre.

« On est extrêmement déçus que le Canada ait l’intention de signer », a commenté François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec (PLQ), qui fait valoir que le Canada est le deuxième plus gros joueur qui reste dans le PTP et aurait pu utiliser son « poids » pour changer cette concession qui « a été faite pour les Américains ». Les PLQ estiment que 80 %, au moins, des concessions pour le secteur laitier pourront être utilisées par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, même si le lait frais sera difficile à transporter de si loin.

La signature officielle du PTPGP pourrait se faire en mars prochain au Chili.

Ne rien concéder de plus

« L’impact [du PTPGP] n’est pas plus important qu’en 2015. Il le sera si le Canada fait d’autres concessions dans l’ALENA », a commenté Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Ce dernier ajoute que le Canada doit « tenir tête aux Américains » pour ne rien céder de plus dans l’ALENA en ce qui concerne les accès au marché des produits sous gestion de l’offre. Le président de l’UPA rappelle que Justin Trudeau a promis aux agriculteurs qu’il n’y aurait « pas de concession supplémentaire », même si le Canada devait revenir dans le PTP.

« Si les Américains veulent plus d’accès au Canada, ils n’ont qu’à se joindre au PTP », lance Marcel Groleau, même s’il ne croit pas vraiment que le gouvernement américain actuel prenne cette décision dans un avenir prévisible étant donné son refus de toutes les ententes multilatérales.

Mesures de compensation

« Ça prend des mesures de compensation », ajoute le président de l’UPA, qui rappelle qu’un montant de 4,3 G$ était prévu en 2015 lorsque les concessions du PTP sur la gestion de l’offre avaient été négociées par le Canada. « Le gouvernement doit respecter l’engagement de 2015 », ajoute François Dumontier, des PLQ.

Marcel Groleau estime que ce sera l’occasion de revoir les modalités de compensation qui étaient jugées insatisfaisantes en 2015. Il fait valoir que le récent Programme d’investissement pour les fermes laitières ne fait pas le travail puisque plusieurs producteurs en sont exclus et qu’ils doivent de toute façon investir pour toucher un soutien.

Bon pour les exportateurs

Les Éleveurs de porcs du Québec demandaient encore récemment au gouvernement canadien de « tout faire pour conclure rapidement l’accord pour le Partenariat transpacifique global et progressiste ». Les Éleveurs de volailles du Québec rappellent que cet accord permettrait au Canada d’obtenir un libre-échange avec le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et sept autres pays.