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Le jeune éleveur de wapitis Guillaume Bouchard, de Magog. Photo : Gracieuseté de Guillaume Bouchard

Le jeune éleveur de wapitis Guillaume Bouchard, de Magog. Photo : Gracieuseté de Guillaume Bouchard

Moins de profits générés par les panaches de wapitis vendus en Chine

La crise politique qui secoue Hong Kong depuis cet été a des répercussions importantes sur le prix des panaches de wapitis – aussi appelés bois de velours – vendus aux Chinois par les producteurs du Québec pour la fabrication de médicaments.

La situation commerciale entre Hong Kong, cette île autonome du sud de la Chine, et le reste du pays est tendue en raison des manifestations anti-Pékin qui se sont multipliées au cours des dernières semaines. « Le marché des bois est vraiment en Asie et ça nous affecte directement. Moi, je commence dans l’élevage, donc je n’ai pas énormément de panaches. Mais pour celui qui a 200 ou 300 animaux et plusieurs milliers de livres [de bois], ça change le chiffre [d’affaires] », témoigne Guillaume Bouchard, de la Ferme Lovering, à Magog.

Il explique avoir perdu environ 10 $ la livre pour ses bois de velours cette année, pour un total de 1 000 $.

Ce conflit politique entre Hong Kong et Pékin complique les conditions pour l’exportation des panaches de wapitis québécois. L’acheteur principal, basé en Alberta, a justifié la baisse de son prix versé aux éleveurs par l’opération de séchage qu’il doit maintenant effectuer avant d’exporter les bois à ses acheteurs de Hong Kong, indique Mark Hébert, président de l’Association des éleveurs de wapitis du Québec, qui compte 15 membres actifs. Auparavant, cet acheteur canadien n’avait pas à s’occuper de cette étape, réalisée par les Chinois à des coûts moindres.
40 000 $ de pertes

« Avec la Chine, ça a toujours été très difficile. Ce n’est pas transparent. Mais là, on voit qu’ils restreignent les importations. On ne sait pas ce qui va arriver avec nos bois de velours », affirme M. Hébert. Celui qui est également propriétaire de la ferme Les Grands Élans, à Saint-Narcisse, est l’un des plus grands éleveurs dans la province. Après avoir retiré les panaches de ses animaux cet été, il avait en tête de les vendre 45 $/lb. Mais en raison de ce conflit, il a dû les céder à son acheteur à 35 $/lb, ce qui lui a occasionné des pertes totales de 40 000 $ cette année.

M. Hébert a eu vent que les acheteurs de Hong Kong ont dû congeler des tonnes de bois de velours étant donné l’impossibilité d’expédier leurs stocks vers leurs clients en Chine. « Tout le monde a perdu de l’argent », affirme-t-il. Les prix pourraient encore être revus à la baisse, anticipe l’éleveur, car les clients chinois pourraient se plaindre de la perte des nutriments contenus dans les bois congelés en attendant qu’ils puissent être expédiés.

L’intérêt des bois de velours

Chaque printemps, les wapitis mâles produisent ce qu’on appelle le bois de velours, une ressource renouvelable composée d’un tissu vivant qui est récolté sans douleur pour les animaux. Aux fins de cette récolte, les éleveurs retirent donc leur panache durant l’été, sous anesthésie, avant que le processus de calcification s’amorce. Le panache repoussera.

L’utilisation du bois de velours remonte à plus de 2 000 ans. Son usage en Orient s’est largement répandu grâce à ses composantes « toniques », telles que la glucosamine, la chondroïtine et le collagène.

Au Québec, certains suppléments naturels contiennent des extraits de cartilage de wapiti pour soulager la douleur et l’inflammation des muscles et des articulations.