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La chef du bureau du Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement estime que l’agriculture plus durable repose en partie sur la discussion entre agronomes et agriculteurs. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

La chef du bureau du Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement estime que l’agriculture plus durable repose en partie sur la discussion entre agronomes et agriculteurs. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Le temps d’une agriculture plus durable dans le monde

La pandémie a fait ressortir les inégalités entre certains pays du monde, notamment en matière d’agriculture. Lors du congrès de l’Ordre des agronomes du Québec récemment, Chantal Line Carpentier, chef du bureau du Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, a présenté une conférence sur les façons de mettre à profit la crise pour reconstruire un monde plus respectueux de l’environnement.

Chantal Line Carpentier

Chantal Line Carpentier

La conférencière a indiqué que les 17 objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies en 2015 avec la volonté de les réaliser en neuf ans, ont progressé jusqu’en 2020 pour finalement prendre beaucoup de recul dans les pays en développement avec la COVID-19. « Si on avait mieux investi, on n’aurait pas reculé autant », mentionne-t-elle. Mme Carpentier a aussi noté le retour de la faim chronique et des problèmes de surpoids dus à la malnutrition. Elle a souligné qu’à chaque crise, l’écart entre les riches et les pauvres se creuse davantage. « Notre système ne fonctionne pas », insiste-t-elle.

C’est pourquoi, avance la détentrice d’un baccalauréat en économie agricole, les pays doivent collaborer pour trouver des solutions. Selon elle, les agronomes ont un rôle à jouer pour faire la transition, tout comme les agriculteurs. Le dialogue est donc important entre eux, mais aussi avec les dirigeants. « La production est plus polluante à cause des politiques en place. C’est le moment de demander une relance qui supporte l’agriculture et de réaligner les subventions pour être plus compétitif avec l’international », soutient la conférencière. Elle rappelle que l’utilisation des pesticides est davantage subventionnée que la production biologique.

Elle croit aussi qu’un transfert de connaissances technologiques à l’international est important. « On a la responsabilité d’aider les pays en développement à se développer », dit-elle.

Chantal Line Carpentier a conclu sa conférence en soulignant qu’on doit prendre le problème de front et s’attaquer à tous les enjeux en même temps plutôt que d’y aller en silo. « Les agronomes ont ce pouvoir d’amener tout le monde à travailler ensemble », fait-elle remarquer.

Un premier Sommet sur les systèmes alimentaires

Le 23 septembre s’est tenu à New York le premier Sommet sur les systèmes alimentaires de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Des représentants de plusieurs pays y étaient conviés. Au terme de cette journée, l’ONU a estimé que
« 300 engagements de la part de centaines de milliers de personnes du monde entier et de tous les horizons permettront d’accélérer l’action et de transformer les systèmes alimentaires ».

Cinq pistes d’actions ont été discutées, soit : nourrir tous les peuples; encourager les solutions fondées sur la nature; promouvoir des moyens de subsistance équitables, un travail décent et des communautés autonomes; renforcer la résilience face aux vulnérabilités, aux chocs et aux agressions; puis soutenir les moyens de mise en œuvre.