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Le département américain de l’Agriculture a tenu sa 97e édition du Forum annuel sur les perspectives agricoles virtuellement les 18 et 19 février. Photo : Shutterstock

Le département américain de l’Agriculture a tenu sa 97e édition du Forum annuel sur les perspectives agricoles virtuellement les 18 et 19 février. Photo : Shutterstock

L’agriculture américaine en bonne position

Un vent d’optimisme a soufflé sur la 97e édition du Forum annuel sur les perspectives agricoles du département américain de l’Agriculture (USDA), constatent deux économistes québécois qui y ont assisté virtuellement les 18 et 19 février.

Après une année plutôt difficile en 2019 suivie d’une autre marquée par la pandémie, l’année 2021 devrait être profitable aux agriculteurs américains. Le marché d’importation en Chine est grand ouvert et les agriculteurs sont en bonne santé financière. Cela devrait aussi avoir des impacts positifs pour les agriculteurs québécois.

« L’importation de viandes et de grains en Chine est élevée et se maintient élevée. Il n’y a aucun signe de ralentissement », affirme Vincent Cloutier, conseiller principal en agriculture et en agroalimentaire à la Banque nationale du Canada. « Pour plusieurs marchés [agricoles québécois], les prix observés s’appuient sur ceux des États-Unis. On entrevoit de bons prix pour 2021 », ajoute l’analyste.  « L’accord Chine–États-Unis ne s’est pas concrétisé rapidement, mais là, ça semble se concrétiser. Le développement se fait dans plusieurs secteurs agricoles. Si c’est positif pour les États-Unis, ça le devient pour nous aussi », indique Marjolaine Carrier, agronome et conseillère principale, Marchés agricole et agroalimentaire pour Desjardins.

De plus, M. Cloutier rappelle que les producteurs américains ont reçu une aide importante du gouvernement sous Donald Trump en 2020. « C’est justifié par la COVID, mais c’est aussi un paiement électoraliste dans l’espoir de réélection », croit-il. Cela fait en sorte que ces agriculteurs ont maintenant un revenu plus élevé que prévu et leur capacité d’investir est plus grande.

Mis en lumière par la COVID

La pandémie a aussi pris une place importante dans les conférences du forum américain qui se déroulait sous le thème Miser sur l’innovation : un chemin vers la résilience. Pour Marjolaine Carrier, la sécurité alimentaire, la main-d’œuvre agricole, les conditions des travailleurs et le commerce en ligne ont pris une place qu’ils n’avaient jamais pris auparavant. « Ce sont des enjeux qui étaient existants, mais qui ont été mis en lumière avec la COVID. Je pense que ça a accéléré les réponses à ces enjeux », dit-elle. Une réalité aussi présente au Québec, ajoute-t-elle.

Vincent Cloutier croit que la COVID a permis de renforcer l’importance accordée à l’agriculture et la confiance des consommateurs dans la chaîne des aliments dans la capacité à fournir aux États-Unis, tout comme au Québec. « La chaîne a été résiliente et s’est adaptée », souligne-t-il. 

Accord de Paris sur le climat

Le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat, au lendemain de l’investiture du nouveau président Joe Biden, aura certainement un impact, croit Vincent Cloutier. « Ça doit être au cœur des préoccupations de tous. On doit s’attendre à ce que des mécanismes fiscaux soient mis en place pour combattre les changements climatiques », affirme-t-il.