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Avec ses lignes futuristes et sa cabine épurée, le tracteur concept de New Holland au méthane est d’abord et avant tout un exercice de style. Photo : Vincent Cauchy/TCN

Avec ses lignes futuristes et sa cabine épurée, le tracteur concept de New Holland au méthane est d’abord et avant tout un exercice de style. Photo : Vincent Cauchy/TCN

Du concept à la réalité : le tracteur au méthane

PARIS -— Bien que la biométhanisation soit une idée encore récente au Québec, celle-ci est implantée depuis un moment déjà en Europe, ce qui a poussé New Holland à présenter un concept inédit au Salon international de la machinerie agricole (SIMA).

Après les tracteurs à essence et électriques, le constructeur américain innove avec un nouveau modèle qui fonctionne au méthane, une matière plutôt commune dans le monde agricole.

« Le méthane est pour nous le carburant de l’avenir. Il est respectueux de l’environnement puisqu’il s’agit d’une molécule relativement simple. Ce type de carburant est déjà utilisé par les villes pour le transport de personnes et de marchandises », rappelle Nicolas Morel, responsable des tracteurs chez New Holland en France.

Si la motorisation du tracteur a de quoi faire jaser, son apparence est aussi particulièrement singulière. Il est muni d’une cabine spacieuse aux formes arrondies, où les manettes de contrôle et les boutons laissent place à une succession d’écrans. Même le volant est équipé d’un écran en son centre.

« C’est à la fois une étude de style, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec une cabine à effet bulle et une ergonomie revue pour plus de simplicité pour l’utilisateur », explique M. Morel, qui ajoute que le concept de véhicule au méthane commercialisé risque de ressembler beaucoup plus à un T6, soit un tracteur de taille moyenne.

Offert partout… ou presque

Pour le monde rural particulièrement, le méthane peut représenter un intérêt certain, puisque la matière première est souvent à portée de main.

« Ce carburant peut être produit directement par les exploitations grâce à un méthaniseur. Les éleveurs peuvent donc valoriser le fumier et le lisier. Dans les grandes cultures, les agriculteurs peuvent planter des couvertures “énergétiques” entre leurs cultures principales et ainsi produire eux-mêmes le méthane qui leur sert de carburant », ajoute celui qui a multiplié les entrevues au SIMA 2019 pour présenter cette innovation.

Et qu’en serait-il au Québec? Avec les projets de biométhanisation qui voient le jour, la valorisation des matières organiques est au cœur des discussions. Dans cette optique, il ne serait pas surprenant de voir dans quelques années des tracteurs au méthane dans la Belle Province.

« Un avantage aussi du gaz comprimé, c’est qu’il n’est pas influencé par les aléas des températures. C’est un carburant qui n’a pas d’odeur et qui est facile à stocker », mentionne M. Morel, qui rappelle au passage que ces avantages ont un coût. « En matière d’entretien, on parle de quelque chose d’un peu plus onéreux puisqu’il est question de bougies et d’huiles un peu particulières. »