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Selon le secrétaire américain à l’Agriculture, Sonny Perdue, Donald Trump est le premier président à se tenir debout face à la Chine. Photo : USDA

Selon le secrétaire américain à l’Agriculture, Sonny Perdue, Donald Trump est le premier président à se tenir debout face à la Chine. Photo : USDA

De nouvelles hostilités entre Washington et Pékin

En riposte aux récentes menaces du président des États-Unis d’appliquer de nouveaux tarifs douaniers sur les produits chinois, Pékin décrète qu’il n’achètera plus aucune denrée agricole américaine.

À compter du 1er septembre, Donald Trump compte imposer un tarif de 10 % sur 300 G$ de produits chinois. Pour le ministre des Affaires étrangères de la Chine, il s’agit d’une « violation sérieuse » du consensus atteint par les dirigeants des deux pays durant leur rencontre il y a quelques semaines.

En guise de représailles, le gouvernement chinois annonce son intention de cesser les importations de produits agricoles américains, importations dont la valeur a dépassé 9 G$ US en 2018. Depuis la première moitié de l’année, les ventes agricoles vers la Chine ont fondu de plus de 1 G$ US, calcule l’American Farm Bureau Federation. À eux seuls, les producteurs de lait estiment avoir perdu plus de 2,3 G$ depuis le début du conflit avec Pékin.

Washington prêt à envoyer les chèques

Ces représailles de la Chine arrivent moins d’un mois après que Washington eut dévoilé les détails de l’aide de 16 G$ US promise aux agriculteurs américains pris dans la guerre commerciale que se livrent les deux puissances mondiales. Le département américain de l’Agriculture (USDA) versera ces sommes par l’intermédiaire de trois programmes. Le premier, le Programme de facilitation de l’accès au marché (MFP), est doté d’une enveloppe de 14,5 G$ US pour 2019. Il couvrira une vingtaine de cultures, dont le maïs, le soya, le canola, le blé, l’orge, l’avoine, le seigle, la luzerne et le coton. Les paiements varieront de 15 à 150 $ US l’acre, selon une approche par comté dans le but d’éviter d’influencer les intentions d’ensemencement.

Les éleveurs auront aussi droit à de l’aide financière. Les éleveurs laitiers toucheront un montant déterminé par 100 lb de lait sur la base de leur historique de production. Pour sa part, le soutien aux éleveurs porcins sera calculé sur la base du nombre de têtes en stock à une date précise, sélectionnée par chaque producteur entre le 1er avril et le 15 mai 2019. L’aide du MFP sera versée en trois paiements. Le premier, qui couvrira près de 50 % du total promis, devrait être livré d’ici la fin du mois d’août. Un montant maximum de 500 000 $ par personne morale est prévu.

De son côté, le Programme d’achat et de distribution alimentaire se chargera des surplus des différentes commodités affectées par le conflit commercial. Ainsi, le USDA prévoit dépenser jusqu’à 1,4 G$ US, dont 432 M$ en achat de volailles, 208 M$ en viande porcine et 68 M$ en produits laitiers. Finalement, le Programme de promotion du commerce agricole investira 200 M$ US dans l’ouverture de nouveaux marchés.

Satisfaits, mais…

Les principales associations d’agriculteurs en sol américain ont salué l’appui financier de Washington, mais s’inquiètent de cette escalade du conflit. « Malgré tout, nous savons que l’aide ne durera pas indéfiniment. Nous exhortons les négociateurs à redoubler d’efforts pour en arriver à une entente rapidement », a réagi le président de l’American Farm Bureau Federation, Zippy Duvall.

« Comme ils l’ont appris au cours des deux dernières années, nos grands Agriculteurs Américains [sic] savent que la Chine ne pourra pas leur nuire, car leur président les a soutenus en faisant ce qu’aucun président n’aurait fait – et qu’il le refera l’année prochaine, si c’est nécessaire », a assuré Donald Trump dans un tweet.