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Aucune viande canadienne en Chine jusqu’à nouvel ordre

La Chine suspend les importations de bœuf et de porc en provenance du Canada après la découverte alléguée par les autorités chinoises de 188 certificats de vétérinaires falsifiés joints aux convois de viande de porc exportés.

« Ces faux certificats ont été envoyés aux autorités de réglementation chinoises par l’entremise de la voie officielle canadienne, ce qui indique que le système canadien de surveillance des exportations de viande comporte des lacunes évidentes en matière de sécurité », a mentionné le porte-parole de l’ambassade chinoise à Ottawa. La Chine a donc demandé au gouvernement canadien, par mesure de précaution, de suspendre la délivrance de permis d’exportation pour la viande expédiée sur son territoire.

Selon les informations reçues par le Conseil canadien du porc et la Canadian Cattlemen’s Association (CCA), aucun nouveau certificat canadien d’exportation pour la Chine n’a été délivré depuis le 25 juin par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour les produits de bœuf et de porc. Pour sa part, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, souligne que l’Agence mène actuellement une enquête « relativement à ce problème technique ».

En 2018, la valeur des exportations bovines canadiennes en Chine a atteint 97 M$, tandis que celle des exportations porcines s’est élevée à 514 M$. De ce nombre, le Québec a exporté à lui seul plus de la moitié des produits porcins, soit 283 M$.

Préoccupés

Les Éleveurs de porcs du Québec et le transformateur Olymel se disent préoccupés par la situation et attendent davantage d’information de la part de l’ACIA. Le premier ministre du Québec, François Legault, a demandé la création d’un programme d’aide pour les éleveurs de porcs à Ottawa.

Olymel dit communiquer quotidiennement avec ses producteurs fournisseurs. « Nos volumes de production ne sont pas touchés [pour l’instant] et on analyse toutes les données possibles pour trouver de nouveaux débouchés si ça devait durer », a indiqué le porte-parole Richard Vigneault à La Terre. Il n’anticipe pas qu’un goulot d’étranglement se fasse sentir prochainement à l’abattoir. Pour sa part, l’entreprise F. Ménard n’a pas souhaité commenter.

Puisque les allégations de falsification visent des certificats qui étaient joints à de la viande de porc exportée en Chine, la CCA remet en question la pertinence de suspendre les importations bovines. L’organisme souligne cependant que le gouvernement canadien a demandé des éclaircissements aux autorités chinoises. « Nous croyons que les envois qui sont déjà en transit vers la Chine seront autorisés à passer les douanes », a indiqué l’organisme par voie de communiqué.

L’industrie de la transformation est aussi inquiète. « Là, c’est la viande, mais après, ce sera quoi? », se demande le porte-parole du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Jean-Patrick Laflamme.