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José Elizear Perobal Gomez et Philippe Quinn ont développé une relation d’amitié au cours des dernières années. Photo : Josianne Desjardins/TCN

José Elizear Perobal Gomez et Philippe Quinn ont développé une relation d’amitié au cours des dernières années. Photo : Josianne Desjardins/TCN

Il travaille ici tout en développant son village au Guatemala

L’Île-Perrot — Les travailleurs étrangers temporaires sont de plus en plus nombreux à prêter main-forte aux agriculteurs québécois. Leur salaire permet d’élever le niveau de vie de leur propre famille, mais aussi, parfois, de tout un village du sud…

C’est le cas du Guatémaltèque José Elizear Perobal Gomez, employé à la Ferme Quinn de L’Île-Perrot en Montérégie depuis maintenant huit saisons. La Terre l’a rencontré en pleine opération d’irrigation avec son employeur, Philippe Quinn.

José possède des terres au Guatemala, où il fait surtout pousser des pommes de terre et des choux.

José possède des terres au Guatemala, où il fait surtout pousser des pommes de terre et des choux.

En entrevue, José est volubile; il en a long à dire en espagnol sur ce qu’il fait pour son village, Los Cerritos. « Au Guatemala, j’ai un groupe de travail et notre rêve est de faire avancer des projets et de travailler pour la communauté. […] La vérité, c’est que je veux vraiment faire avancer mon village », raconte-t-il avec intensité. Parmi ses activités, il travaille entre autres à l’amélioration des routes et du système d’eau potable. « Il est devenu une inspiration pour sa communauté et pour les autres travailleurs ici », ajoute Philippe, qui est lui aussi mobilisé pour différentes causes au Québec.

Il y a quelques mois, le travailleur guatémaltèque et père de trois enfants a réussi à construire une bibliothèque à l’école de son village, avec les confrères de son groupe. « Ensemble, on a pensé à l’avenir de nos enfants. Qu’ils auraient plus d’occasions et d’outils pour avancer vers l’avenir… et une meilleure éducation ».

Les frais de scolarité sont un grand obstacle pour bien des familles guatémaltèques. « Quand les enfants commencent le basico [l’école secondaire], ça coûte beaucoup plus cher. La scolarité dépend des possibilités financières de chaque parent. Ça me désole », regrette José. Ayant lui-même déjà éprouvé ces difficultés, Philippe Quinn lui a offert son aide pour permettre à sa plus grande fille, aujourd’hui âgée de 19 ans, de poursuivre ses études.

Nouvelles cultures au Guatemala

Grâce à son travail des dernières années à la Ferme Quinn, José a pu devenir lui-même propriétaire terrien dans son pays. « J’ai réussi ici, mais j’ai aussi réussi au Guatemala. Je suis reconnaissant de cette opportunité. J’espère que mes compagnons [du groupe de travail] auront aussi la chance que j’ai de voyager. »

En plus de ses plantations de choux et de pommes de terre, qui sont les plus répandues au Guatemala, le producteur a fait le pari d’intégrer de nouvelles cultures. Ainsi, des cerises de terre, des piments forts, de l’ail et même du maïs sucré poussent sur ses terres, grâce à l’expertise qu’il a développée à la Ferme Quinn. Et ça fonctionne très bien, dit-il. De plus, ces produits sont plus coûteux et génèrent un revenu supplémentaire pour la ferme. Par exemple, un seul épi de maïs se vend 5 quetzales (75 cents). Un prix qui pourrait faire l’envie de bien des producteurs québécois, souligne Philippe, surtout lorsque le prix du maïs chute à 40 cents l’épi en haute saison!

José espère plus pour l’agriculture de sa communauté, à Los Cerritos. « Au Guatemala, nous avons un marché central où s’accumule une énorme quantité de légumes. Le prix des récoltes n’est pas en faveur des agriculteurs. Ce serait fantastique d’avoir la possibilité d’exporter nos légumes au Nord pour avoir de meilleurs prix », projette-t-il.   

Avec la traduction d’Isabelle Bergeron et la collaboration de Camille Robillard