Crédit photo: Faculté de pharmacie de l'Université Laval

Crédit photo: Faculté de pharmacie de l'Université Laval

La pharmacie d’autrefois exposée au grand jour

Les temps ont bien changé depuis l’époque où le pharmacien s’appelait un apothicaire! Une exposition présentée à l’Université Laval jusqu’au printemps prochain permet d’ailleurs de retracer l’évolution du métier et ainsi de mieux comprendre l’influence de Louis Hébert dans l’élaboration des médicaments au Québec.

L’activité fait partie d’une riche programmation lancée depuis le début de l’année dans le cadre du 400e anniversaire de l’arrivée de la première famille française à Québec. Pour l’occasion, la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs a réuni une trentaine d’organismes, dont la Société québécoise de l’histoire de la pharmacie (SQHP).

Le grand public est invité à découvrir tout ce qui entourait la profession d’apothicaire à l’époque de Louis Hébert, par des documents d’archives, des spécimens de plantes, des photographies anciennes, des produits pharmaceutiques et divers objets. « C’est important de savoir d’où on vient. L’exposition a un but didactique pour les étudiants, mais elle est aussi intéressante pour tout le monde », soutient Marie Caron, présidente de la SQHP.

L’exposition nous transporte donc jusqu’en 1621, grâce au poids d’apothicaire qui a été déterré, lors d’une fouille archéologique, sur le site de la maison ancestrale Hébert-Couillard où se trouve le Séminaire de Québec aujourd’hui. L’instrument servait jadis à la préparation de remèdes. On retrouve aussi de vieilles piles à godets servant à mesurer des doses, ou encore l’ouvrage sur la pharmacopée universelle de Nicolas Lémery datant de 1716.

Réflexions et sensibilisation

Que faut-il retenir de cette exposition, mais surtout de cet héritage? Selon Gilles Barbeau, cofondateur de la SQHP, c’est que la médecine était tout aussi empirique autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui. Est-ce que les gens étaient mal soignés à cette époque? Pas nécessairement, car ils étaient traités en fonction de ce que les avancées scientifiques leur permettaient, affirme le professeur à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval.

Une chose a toutefois définitivement changé. « Notre rapport direct à la plante n’existe plus. Les médicaments modernes sont inspirés [de l’effet thérapeutique des plantes], mais on a tout synthétisé depuis », souligne M. Barbeau. Par exemple, l’aspirine telle qu’on la connaît en pharmacie provient du monde végétal.

Soulignons que l’été dernier, le Monastère des Augustines a aménagé le Carré de l’apothicairesse pour souligner le travail exercé par les religieuses. Cette parcelle regroupait une sélection de plantes médicinales provenant de la France, mais aussi des plantes indigènes de l’Amérique du Nord. Également, le Jardin universitaire Roger-Van den Hende a rassemblé les plantes potagères cultivées à l’époque de Louis Hébert et mis en valeur des connaissances agricoles transmises par les Amérindiens.

Malgré la variété des activités proposées par la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, le président Denis Racine estime que le gouvernement devrait adopter une politique de commémoration afin d’allouer un meilleur budget à ce type de programmation. « On a fait des miracles avec le peu d’argent qu’on avait », déplore-t-il. L’organisation a investi 20 000 $ pour toute l’année, dont 15 000 $ provenant d’une enveloppe dédiée de la Ville de Québec et 3 000 $ de la Commission de la capitale nationale du Québec. 

Pour en savoir plus :
les activités organisées et les ouvrages publiés cette année pour souligner le 400e anniversaire : www.cfqlmc.org