fbpx

Une formation inattendue en sécurité forestière

L’UPA dénonce l’adoption précipitée d’un règlement qui oblige tout travailleur sous le régime de la CSST qui abat un arbre avec une scie à chaîne à suivre une formation.

La pénurie de formateurs et le grand nombre de personnes à former empêchent les agriculteurs de se conformer à la règle, ce qui pourrait entraîner des amendes.

« Nous ne sommes pas contre le règlement, lance d’emblée le responsable du dossier de la main-d’œuvre à l’Union, Denis Roy. On demande seulement le temps de s’organiser. » En mai dernier, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) a appris à l’Union des producteurs agricoles (UPA) que le Règlement sur la santé et la sécurité dans les travaux d’aménagement forestier (RSSTAF), qui oblige tout travailleur coupant un arbre à la scie à chaîne à suivre une formation de 16 heures, serait adopté sous peu. Quelques semaines plus tard, en juin, il entrait en vigueur.

Du jour au lendemain, de nombreux producteurs acéricoles et d’autres qui font du bois de chauffage s’exposaient à des amendes salées, dont la Terre ne pourrait détailler la teneur, au moment de mettre sous presse. « On dénombre 12 000 employeurs agricoles inscrits à la CSST, qui possèdent probablement tous une scie à chaîne. Ça prend du temps former tout ce monde-là », explique Denis Roy. Il déplore que la CSST n’ait pas pensé aux impacts du règlement sur le milieu agricole.

Formateurs recherchés

À l’heure actuelle, le Québec ne compte que 13 formateurs qui peuvent dispenser la formation requise en vertu du RSSTAF. « La formation constitue une espèce de chasse gardée, avance M. Roy. Il n’y a que la commission scolaire du Pays-des-Bleuets qui peut la donner. On veut bien se conformer, mais il n’y a pas assez de formateurs. »

L’UPA demandera à la ministre du Travail, Agnès Maltais, d’accorder un délai raisonnable aux producteurs agricoles afin qu’ils puissent respecter le RSSTAF. Elle souhaite également que les formations soient offertes à un prix abordable. « On veut que nos membres soient informés. On souhaite que le milieu agricole soit mis dans le coup », résume Denis Roy.