Le 1er novembre dernier a marqué le début de l’opération livraison des quelque 250 000 poinsettias produits à la Ferme Grover chaque année. Crédit photo : Fermes Grover

Le 1er novembre dernier a marqué le début de l’opération livraison des quelque 250 000 poinsettias produits à la Ferme Grover chaque année. Crédit photo : Fermes Grover

Un marché florissant

La période des Fêtes approche et les producteurs sont à pied d’œuvre pour acheminer aux commerçants les arbres, les poinsettias et autres plantes de Noël. Si le marché se porte bien, pépiniéristes et serristes doivent toutefois s’adapter aux nouvelles demandes des consommateurs.

Le 1er novembre dernier a marqué le début de l’opération livraison des quelque 250 000 poinsettias produits à la Ferme Grover chaque année. Le producteur de fleurs en serre de Laval est l’un des plus gros fournisseurs au Québec. Le poinsettia est encore la plante la plus populaire du temps des Fêtes, et parmi toutes les variétés et couleurs offertes, la demande reste forte pour le classique poinsettia rouge. « Il représente 85 % de notre production annuelle », précise Joëlle Grover, responsable de la production à la Ferme Grover. 

Depuis quelques années, les consommateurs préfèrent toutefois de plus petits formats de plants (4,5 et 6 po), qui conviennent mieux aux habitations d’aujourd’hui. Si la demande demeure stable, le volume des ventes fluctue avec la météo. « Dès qu’il y a de la neige, on constate une augmentation des ventes, affirme Mme Grover. Les gens se sentent alors dans l’ambiance du temps des Fêtes et ont le goût de décorer. Par contre, il ne faut pas qu’il fasse trop froid. »

Une demande qui s’affirme

S’ils restent attachés aux poinsettias, « les consommateurs recherchent plus qu’avant des produits différenciés, une tendance qui se confirme depuis quelques années, constate Nathalie Deschênes, directrice adjointe à la Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (FIHOQ). 

Les arrangements floraux de Noël ont la cote principalement auprès des jeunes consommateurs qui préfèrent des produits personnalisés. »

Ces compositions de fleurs de Noël avec sapinages et accessoires décoratifs sont vendues en pots ou sur tiges à accrocher. Elles sont idéales pour ceux qui n’ont pas le temps ou le goût de décorer. La demande est également croissante pour les arrangements de plantes ornementales d’extérieur. « L’industrie a dû s’adapter pour offrir une plus grande variété de produits finis. S’ils exigent des opérations supplémentaires pour le montage et l’emballage, ce sont des produits à valeur ajoutée; les producteurs en sortent gagnants », explique Mme Deschênes. 

Même si Noël est l’un des moments forts de l’année pour l’industrie de l’horticulture ornementale, les chiffres se font rares sur la valeur réelle de ce marché. Les données se fondent parmi les ventes globales des producteurs en serre et en pépinière, qui se sont élevées à 263 M$ en 2016 au Québec, selon Statistique Canada. « Il reste que les producteurs ont plus de débouchés qu’avant pour écouler leurs produits », affirme Mme Deschênes. Ces dernières années, les marchés de Noël se sont multipliés, un phénomène qui ne semble pas vouloir s’essouffler. Il y a aussi de plus en plus de centres de jardin qui ajoutent un espace boutique à leurs installations.

Arbres de Noël : un marché en croissance

Du côté des producteurs d’arbres de Noël, la croissance des ventes devrait être au rendez-vous encore cette année. « En 2017, nous avons vendu 1,6 million d’arbres aux États-Unis, affirme Jimmy Downey, président de l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ). Ça représente une augmentation de 30 % par rapport à l’année précédente. En fait, depuis 2013, nous avons doublé le volume de production. »

Les producteurs se rapprochent ainsi des sommets atteints il y a une trentaine d’années alors qu’ils avaient vendu 1,8 million d’arbres sur les marchés d’exportation. « Les conditions du marché se sont améliorées avec la baisse du dollar canadien et la pénurie d’arbres cultivés dans plusieurs États américains, explique M. Downey. Ça fait en sorte que les prix à l’unité sont à la hausse. » 

Cette pénurie est le résultat en grande partie de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années au nord des États-Unis. « La production ayant décliné, ça a favorisé la demande, notamment dans les provinces de l’Ouest canadien qui achètent plus qu’avant au Québec », ajoute M. Downey.  

En 2016, les exportations d’arbres de Noël ont rapporté 27,5 M$ au Québec, selon les plus récentes données de l’APANQ. Ce chiffre n’inclut pas les ventes enregistrées dans la Belle Province et ailleurs au pays (soit 2 % de la production), qui se sont élevées à plus de 8 M$. 

L’autocueillette en vogue

Constamment, les producteurs modifient leurs pratiques pour s’adapter à la demande des consommateurs. Les arbres de plus petite taille (4 à 6 pi), plus faciles à transporter et à intégrer aux espaces habitables d’aujourd’hui, gagnent en popularité. « On travaille aussi très fort pour offrir de nouvelles variétés qui perdent moins leurs aiguilles. Les clients ne veulent pas avoir à passer la balayeuse trop souvent. Il se fait beaucoup de recherche pour développer des hybrides qui vont répondre à leurs attentes. »

Depuis quelques années, des producteurs proposent l’autocueillette, une activité qui suscite un réel engouement. « Il s’agit d’une belle activité familiale. Les gens peuvent couper eux-mêmes l’arbre qu’ils ont choisi à l’aide d’une scie à main », explique Jimmy Downey, qui est aussi propriétaire de la Sapinière et Pépinière Downey, située à Hatley, en Estrie. L’an dernier, le producteur a accueilli près de 1 000 personnes sur son site. « L’avantage, c’est que l’arbre reste plus frais puisque ça évite le temps d’entreposage au magasin », dit-il.  

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale