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Une double incertitude plane sur le marché du bois d’œuvre en ce qui concerne la hauteur des droits antidumping prévus pour le 23 juin et le niveau final des droits compensateurs. Crédit photo : Martin Ménard/Archives TCN

Une double incertitude plane sur le marché du bois d’œuvre en ce qui concerne la hauteur des droits antidumping prévus pour le 23 juin et le niveau final des droits compensateurs. Crédit photo : Martin Ménard/Archives TCN

Pourquoi les scieries roulent-elles à la planche?

Oui, les volumes livrés aux scieries québécoises sont plus élevés que jamais. Celles-ci profitent ainsi d’une période de prix les plus élevés depuis 2004, mais s’inquiètent du marché incertain provoqué par le conflit du bois d’œuvre.

« La production est à son maximum. Nos usines fonctionnent au maximum de leur capacité », indique Michel Vincent, économiste en chef du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), en entrevue avec La Terre. L’économiste confirme que plusieurs usines veulent maintenir un volume élevé de production en faisant l’hypothèse que la prochaine entente sur le bois d’œuvre contiendra des quotas d’exportation qui seront distribués aux usines canadiennes sur la base de leur historique. « C’est un raisonnement qui se tient », affirme-t-il.

« Les prix ont augmenté de façon substantielle », soutient Michel Vincent, qui parle de prix récents à plus de 600 $ du MPMP (mille pieds mesure de planche), soit le plus haut niveau depuis 2004. Les clients auraient d’ailleurs « absorbé une partie de la taxe », ce qui aurait contribué à la hausse de prix. Au mois de juin, le prix est toutefois redescendu à 575 $, mais on est loin du creux de la crise économique de 2009 où le prix avait chuté à 250 $ du MPMP.

« Les marchés ont anticipé l’arrivée des droits compensateurs », explique Michel Vincent. Du côté américain, les constructeurs ont fait des stocks avant l’arrivée des droits, tandis que du côté canadien, plusieurs acheteurs ont attendu le plus tard possible pour acheter leur bois dans l’espoir que le prix baisse après l’arrivée des droits compensateurs. Comme les chantiers canadiens devaient tout de même démarrer au printemps, les ventes locales ont pris le relais.

« On rentre dans le litige avec les Américains dans un bon marché, mais c’est cyclique », rappelle l’économiste, qui anticipe trois ou quatre ans de demande élevée, mais après plusieurs années difficiles avant 2016.

Instabilité à la frontière

L’incertitude plane sur les marchés, qui sont « sans direction ferme », selon Michel Vincent. Il rappelle que des droits antidumping vont s’ajouter à la fin juin, mais que les droits compensateurs actuels sont provisoires et doivent normalement tomber vers le 26 août après 120 jours. Le gouvernement américain devrait alors avoir terminé son enquête et être en mesure d’imposer des droits compensateurs plus spécifiques à chaque entreprise dans les sept jours suivants. Bref, il devient très difficile de prévoir l’état du marché, sachant que ces taxes peuvent varier et qu’on ne connaît pas l’amplitude du changement.

Rentabilité en baisse

Les calculs du CIFQ montrent que la rentabilité de l’usine québécoise moyenne n’est plus au rendez-vous depuis l’arrivée des droits combinée à la récente baisse du prix de 25 $ le MPMP. Les dernières données pour le mois de mai obtenues par le CIFQ montrent également une légère baisse des exportations canadiennes.

 

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