fbpx
La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) traite ces jours-ci la forêt publique à l’aide d’un insecticide biologique. Le directeur Jean-Yves Arsenault souligne que les traitements en forêt privée commenceront l’an prochain et prioriseront les peuplements où le gouvernement a investi en travaux sylvicoles. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

La Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) traite ces jours-ci la forêt publique à l’aide d’un insecticide biologique. Le directeur Jean-Yves Arsenault souligne que les traitements en forêt privée commenceront l’an prochain et prioriseront les peuplements où le gouvernement a investi en travaux sylvicoles. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

Le Québec en guerre contre la tordeuse

SAGUENAY — Le Québec forestier déclare la guerre à la tordeuse du bourgeon de l’épinette, dont les ravages s’intensifient et affectent plus de 15 000 propriétaires de forêt privée dans six régions différentes.

« L’épidémie de tordeuse ne se résorbe pas, elle prend de l’ampleur. Le problème est trop gros et surpasse notre capacité à gérer ça tout seuls. Une cellule d’urgence a été créée avec la Fédération des producteurs forestiers du Québec et le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec. Le gouvernement du Québec collabore aussi avec la cellule », explique Marc-André Rhéaume, ingénieur forestier à la Fédération. Cette cellule de crise vise notamment à suivre l’évolution de l’infestation, à informer les producteurs et à planifier la récolte préventive.

De plus, la pulvérisation d’un insecticide biologique commence ces jours-ci sur plus de 250 000 ha de forêt publique. Le gouvernement amorce également l’évaluation de tout le territoire situé en forêt privée afin d’établir une stratégie de pulvérisation d’insecticide à grande échelle. Celui-ci sera appliqué à compter de l’an prochain et pendant trois ans, comme le prévoit le budget de 10 M$ annoncé par Québec en avril.

La larve de la tordeuse mange la nouvelle pousse de l’arbre. Après quatre ou cinq années de défoliation répétée, l’arbre meurt ou perd sa valeur commerciale. Le technicien forestier Marc-André Dion expose à gauche une branche saine et à droite, une branche attaquée à répétition. La repousse de cette année aurait été mangée par la tordeuse. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

La larve de la tordeuse mange la nouvelle pousse de l’arbre. Après quatre ou cinq années de défoliation répétée, l’arbre meurt ou perd sa valeur commerciale. Le technicien forestier Marc-André Dion expose à gauche une branche saine et à droite, une branche attaquée à répétition. La repousse de cette année aurait été mangée par la tordeuse. Crédit photo : Martin Ménard/TCN

300 larves par branche

Les superficies infestées ne cessent d’augmenter au Québec. Les derniers relevés aériens, effectués à l’été 2016, font état de 7 Mha ravagés par la tordeuse en forêt publique et privée. À titre de comparaison, 765 000 ha étaient touchés en 2010.

La grande question : est-ce que le ravageur étendra davantage ses dommages en 2017? Le dernier rapport de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) estime que oui. L’inventaire des larves en hibernation montre une nette croissance des populations et l’on anticipe une augmentation des dommages en 2017 en Gaspésie, sur la Côte-Nord et au Bas-Saint-Laurent. L’indice d’infestation très élevé est toujours prédominant au Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais en diminution cette année. Dans les cas d’infestation très élevée, les analyses font état de 200 à 300 larves en hibernation par branche. Rappelons que la dernière épidémie de la tordeuse, échelonnée de 1967 à 1992, avait touché 32 Mha dans toutes les régions.

Agir devant le fléau

Les tordeuses des bourgeons de l’épinette sont les insectes les plus destructeurs des peuplements de conifères en Amérique du Nord. Elles s’attaquent principalement au sapin baumier et à l’épinette blanche et, à un degré moindre, à l’épinette rouge et noire. Ces ennemies sont nombreuses et peuvent se déplacer rapidement. À la recherche d’une nourriture abondante, les papillons sont même en mesure d’effectuer des vols migratoires qui franchissent le fleuve. Les nuages de papillons peuvent être si gros qu’ils ont déjà été captés par les radars d’Environnement Canada.

Devant ce fléau, des forestiers agissent. Le mot d’ordre est de récolter tous les peuplements matures ou presque matures susceptibles d’être attaqués. Au Bas-Saint-Laurent, la cadence des abattages a été augmentée à près de 1 Mm3 l’an dernier. La récolte devrait atteindre un record de 1,5 Mm3 cette année. L’autre solution consiste à protéger les populations de 15 à 35 ans. Autrement, le réservoir à bois des prochaines décennies sera compromis. À ce sujet, l’Agence régionale de mise en valeur des forêts privées du Lac-Saint-Jean, appuyée financièrement par les producteurs, a traité 1 200 ha de peuplement d’âge intermédiaire avec un insecticide. Un succès qui sera répété en 2018.

VOIR AUSSI
7 millions d’hectares infestés
4 solutions pour faire face à la tordeuse
Des producteurs touchés témoignent des dommages