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Les sœurs Fanny et Caroline Prince n’ont pas hésité à adhérer à l’offensive Ma cabane à la maison. Photo : Pierre Saint-Yves

Les sœurs Fanny et Caroline Prince n’ont pas hésité à adhérer à l’offensive Ma cabane à la maison. Photo : Pierre Saint-Yves

Offensive des propriétaires de cabane à sucre

Si les consommateurs ne vont pas à la cabane à sucre cette année encore, eh bien, la cabane ira à eux. C’est le concept que vient de lancer l’Association des salles de réception et érablières du Québec (ASREQ) sous l’appellation Ma cabane à la maison avec l’objectif de permettre aux salles à manger des érablières de rejoindre le plus grand nombre possible de consommateurs.

« C’est une question de survie, lance l’instigatrice de la campagne Stéphanie Laurin, qui est à la tête de l’Association. Ne rien faire, c’est prendre le risque que d’autres cabanes à sucre cessent leurs opérations. » Elle fait ici référence à la cinquantaine de propriétaires qui envisagent d’abandonner leur salle à manger de cabane à sucre après la catastrophique saison 2020, en plus des 40 autres menacés par la faillite, conséquence du premier confinement imposé par la pandémie de COVID-19.

Au début de l’automne, la directrice générale du Chalet des érables, de Sainte-Anne-des-Plaines dans les Laurentides, a résolu de passer à l’offensive en préparant l’opération Ma cabane à la maison. L’initiative vient d’obtenir une aide de 50 000 $ du gouvernement Legault.

Une soixantaine de propriétaires de salle à manger de cabane à sucre ont adhéré au projet et offrent maintenant leur menu sur un site Internet collectif (macabanealamaison.com). Les clients peuvent ainsi choisir de récupérer leur boîte gourmande dans une épicerie Metro ou de se la faire livrer à la maison. Stéphanie Laurin doit reconnaître que de l’adversité ont émergé la créativité et la solidarité. « On ne se parlait pas avant, explique-t-elle. Ensemble, on a décidé de faire front commun et de développer un beau réseau d’entraide. »

Un moyen de plus

Parmi les participants, le propriétaire de la Cabane à sucre Constantin Grégoire, de Saint-Esprit dans Lanaudière, Bruno Martel, voit dans cette campagne une occasion additionnelle de rejoindre la clientèle. « C’est un moyen de plus de rejoindre les consommateurs et on les prend tous, dit-il. On ne peut pas seulement attendre dans nos établissements que quelques clients fassent des dizaines de kilomètres pour venir chercher des repas. […] Là, on se bat pour préserver notre patrimoine. »

Même constat pour les sœurs Fanny et Caroline Prince, de la Cabane à sucre Prince située à Saint-Wenceslas dans le Centre-du-Québec. L’an dernier, après avoir absorbé le choc de la fermeture pendant le confinement, elles ont rapidement développé une formule de repas de cabane pour emporter.

« Maintenant, on est beaucoup mieux organisés, affirme Fanny Prince, en désignant les dizaines de boîtes ­entassées dans une pièce contiguë à la cuisine et qui renferment les contenants au logo de Ma cabane à la maison.

Les propriétaires ont tout de même dû mettre la main dans leur portefeuille et allonger quelques milliers de dollars principalement pour l’achat des contenants. « On fait le pari que la population va être au rendez-vous », indique Fanny.

Aide de Québec

Le gouvernement du Québec a annoncé le 18 février des mesures afin d’aider les cabanes à sucre à s’adapter à la pandémie. Par le truchement du Programme d’appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région, les producteurs pourront être subventionnés, par exemple, pour moderniser leurs installations afin de produire plus efficacement des repas pour emporter. De plus, si les normes sanitaires le permettent, les cabanes seront autorisées exceptionnellement à prolonger leur service de repas au-delà de la période habituelle.