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Moins d’argent pour la forêt privée

Québec mettra visiblement la hache dans son Programme d’investissement sylvicole (PIS) doté d’un budget de 5 M$.

Les programmes de création d’emplois au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie seront aussi sévèrement amputés.

« Oui, j’aurai des coupes », a confirmé le nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard. Devant les délégués de la Fédération des producteurs forestiers du Québec réunis en assemblée générale, aujourd’hui, le ministre s’est toutefois refusé à confirmer le montant exact de cette diminution de budget pour la forêt privée.

Laurent Lessard a paru tendu et soucieux devant les producteurs forestiers. Il s’est d’abord défendu d’un ajout de 42 M$ pour des travaux sylvicoles en forêt publique en invoquant une promesse électorale. Le ministre a aussi rappelé qu’il avait préservé les 28,5 M$ du Programme d’aide à la mise en valeur de la forêt privée, admettant qu’il se faisait « revirer ces temps-ci » au Conseil du trésor.

« Je vais consacrer autant de temps en forêt publique que privée », a-t-il promis, demandant l’aide des producteurs forestiers afin de trouver des solutions. À ses yeux, « on laisse trop de bois dans le bois », et il s’engage à « se tenir debout comme un arbre ».

Interpellé relativement à une autorisation d’approvisionnement supplémentaire de bois en forêt publique pour l’usine Résolu de Maniwaki, le ministre Lessard s’est montré sensible au sort réservé aux producteurs de la forêt privée.

« Vous subissez beaucoup de pression et je n’aime pas comment vous êtes traités », a-t-il répondu à un délégué de la Gatineau.

Pierre-Maurice Gagnon a pour sa part rappelé au ministre que le Programme d’investissement sylvicole était fort utile, particulièrement en région. Il s’est étonné de sa disparition, étant donné que plusieurs circonscriptions électorales étaient maintenant tournées au rouge.

« En réalité, a plaidé le président, on est en train de se faire sortir du marché. On est passés de 17 à 14 % du marché. »

En entrevue avec la Terre, Pierre-Maurice Gagnon a précisé que le PIS permettait de rétablir un certain équilibre en région. Il entend bien relancer le ministre à ce sujet, convaincu qu’il ne s’agit pas « d’une bonne décision ». Le président estime qu’on oublie trop souvent la forêt privée quand il est question d’attribuer des volumes supplémentaires de bois à l’industrie.

« Ça n’a pas de bon sens, a-t-il déploré. On peut bien ramasser des champignons en forêt et je n’ai rien contre les champignons. On peut aussi se promener avec des bébelles, mais tu ne peux remplacer l’essentiel d’un revenu. On a tellement investi en forêt depuis 30 ans et là, on est à récolter. »